Comment repérer les routes de la drogue, intercepter les navires et poursuivre les trafiquants au-delà des frontières ? Les 4 et 5 novembre, Nouméa accueillera un séminaire régional réunissant magistrats, policiers, douaniers et responsables maritimes autour de la lutte contre le narcotrafic dans le Pacifique.
Surveiller l’océan ne suffit pas : encore faut-il que les informations circulent entre les pays et que les interventions débouchent sur des procédures judiciaires solides. C’est tout l’enjeu de la rencontre « Le Pacifique uni contre le narcotrafic en mer », organisée à l’initiative du procureur général près la cour d’appel de Nouméa et du haut-commissaire de la République.
Pendant deux jours, les services français échangeront avec leurs partenaires régionaux, notamment australiens, néo-zélandais, fidjiens et tongiens. L’objectif est concret : mieux coordonner les moyens engagés, du renseignement jusqu’au traitement judiciaire des interceptions.
La place du Caillou sur les routes de la drogue
La première journée sera consacrée à l’état de la menace. Quels produits circulent dans la région ? Par quels itinéraires ? Quels liens unissent les réseaux locaux aux organisations criminelles internationales ? Les participants examineront notamment la position de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française sur ces circuits.
Les discussions porteront aussi sur les conséquences des trafics : violences, risques de corruption et effets de l’argent de la drogue sur les économies locales. Un point judiciaire sera présenté pour les deux territoires français, avec notamment l’intervention du procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas, et de la procureure adjointe, Hélène Gaudet.
La sécurité des ports et le rôle des compagnies maritimes seront également abordés, à travers des retours d’expérience européens et une intervention du groupe CMA CGM.
De l’interception aux poursuites
Le lendemain, place aux réponses opérationnelles. Le déroutement d’un navire sans pavillon, les conditions d’intervention en haute mer et les suites judiciaires figureront au programme. Les pratiques françaises seront confrontées aux expériences des pays voisins.
Une large part des échanges concernera le partage du renseignement et la coopération entre policiers, douaniers, militaires et magistrats. Car derrière une interception se posent aussi des questions de droit et de coordination entre États.
Pour la Nouvelle-Calédonie, cette rencontre doit permettre de mieux relier la protection de ses espaces maritimes aux moyens de ses voisins. Les conclusions des travaux seront présentées lors d’une conférence de presse, jeudi 5 novembre.

Source : Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie.
