Le partenariat européen sur les matières premières stratégiques ouvre un nouveau front au gouvernement. L’Éveil océanien défend une piste pour l’avenir du nickel et accuse les membres Kanaky NC de faire passer les rivalités politiques avant la négociation.
Un accord à peine signé, et déjà une bataille politique. Après les critiques des membres Kanaky NC du gouvernement sur le mémorandum conclu avec l’Union européenne, l’Éveil océanien répond par une charge contre leurs positions et leur bilan.
Pour le mouvement, le procès est prématuré. Le texte signé ouvre un cadre de coopération. Selon l’Éveil océanien, les engagements sur les financements, les investissements et l’avenir industriel doivent maintenant être précisés dans une feuille de route à construire sous six mois. Autrement dit, c’est à la table des négociations que les garanties devront être arrachées.
L’Éveil océanien ne conteste donc pas la nécessité de protéger la ressource et les emplois. Il reproche à ses partenaires de tirer sur la démarche avant d’avoir essayé d’en obtenir quelque chose.
Prony et le pacte nickel dans la bataille
La riposte prend aussi des allures de règlement de comptes. Le mouvement remet sur la table la reprise de l’usine du Sud par Prony Resources en 2021, avec Trafigura dans le dispositif. Il demande aux responsables ayant participé à cet accord de dresser le bilan des engagements pris pour les usines et les emplois.
Même offensive sur le pacte nickel. L’Éveil océanien accuse l’UC et l’UNI d’avoir alors défendu un recours accru à l’Europe pour s’opposer au dispositif porté avec l’État, avant de critiquer aujourd’hui le partenariat européen.
Le parti pousse l’attaque jusqu’au prochain congrès de l’Union calédonienne, annoncé pour la mi-novembre. Il suggère que certaines prises de position pourraient servir des ambitions internes. Des intentions qu’il prête à ses adversaires, sans les établir.
Six mois pour dépasser les déclarations
L’Éveil océanien reconnaît néanmoins que la méthode peut être discutée. Il rappelle l’exigence de collégialité et la nécessité d’expliquer les engagements pris au nom de la Nouvelle-Calédonie.
Sur les résultats attendus, sa liste est précise : des investissements vérifiables, des débouchés commerciaux, de la transformation locale, des emplois préservés et des exigences environnementales. Les travailleurs, les communes minières, les populations et les autorités coutumières doivent également avoir leur place dans les décisions.
Le mouvement invite donc ses partenaires à apporter leurs propositions et à participer à la feuille de route. Avec une ligne affichée : négocier avec l’Europe tout en gardant la maîtrise des choix industriels du pays.
Pour l’heure, les coups politiques pleuvent plus vite que les engagements industriels. Les usines et leurs salariés attendent de voir ce qui sortira des discussions.
