Un accord signé avec l’Europe, mais pas de consensus au gouvernement. Les quatre membres Union calédonienne dénoncent la méthode employée pour préparer le partenariat stratégique sur les matières premières et demandent ce qu’il apportera aux usines et aux salariés.

Dans leur communiqué du 22 octobre, Gilbert Tyuienon, Johanito Wamytan, Ernest Déméné et Méryl Marlier affirment ne pas avoir été associés à la préparation du texte signé deux jours plus tôt. Selon eux, le document était déjà bouclé lorsqu’il a été présenté au gouvernement.

Ils refusent donc que la communication officielle soit comprise comme un soutien unanime.

« Une communication gouvernementale ne saurait tenir lieu d’approbation collective de tout le gouvernement », écrivent-ils.

Un partenariat ne vaut pas un sauvetage

L’UC ne ferme pas la porte à l’Europe. Mais elle demande des engagements sur les investissements, les débouchés, la transformation locale et l’emploi. Selon sa lecture, le protocole ne garantit ni financement, ni achats, ni prix, ni maintien des capacités industrielles.

Reste que ce partenariat ouvre un cadre de coopération. Ce n’est pas un chèque signé pour sauver les trois usines. Les projets et les moyens doivent encore être précisés dans une feuille de route. C’est là que les possibilités annoncées devront devenir des engagements concrets.

Qui décidera de l’avenir des usines ?

Les membres UC dénoncent aussi les restrictions imposées, selon eux, par Paris à la participation chinoise aux projets industriels. Ils citent notamment l’intérêt de Lygend pour KNS et l’appui technique chinois initialement envisagé dans le projet de New Battery Metals pour Prony.

« Les choix géopolitiques de la France et des puissances extérieures ne doivent pas se substituer aux intérêts des Calédoniens », préviennent-ils.

Les signataires réclament un examen du protocole par les institutions locales et un débat avec les collectivités, les coutumiers, les salariés et les industriels. Pour eux, les décisions doivent partir des besoins du pays : énergie, emplois, environnement et partage des retombées du nickel.

Signer avec l’Europe ne sauve aucune usine. Dénoncer l’accord ne les sauvera pas davantage. La suite devra se mesurer en investissements et en emplois. Sans cela, le partenariat restera du papier et la polémique ne fera pas tourner les fours.