Trop chère, inefficace, déconnectée… La FEINC charge l’Autorité de la concurrence et réclame sa dissolution. À la place, elle propose de rendre les contrôles au gouvernement. Une solution qui mérite mieux qu’un simple calcul d’économies.
L’ACNC traverse une crise interne et son président a présenté sa démission. Les difficultés dénoncées par les agents doivent être prises au sérieux. Mais faut-il, pour autant, supprimer l’institution ?
Un problème de direction ne suffit pas à démontrer que tout le service est inutile.
La FEINC défend les entreprises qu’elle représente. C’est son rôle. Mais lorsqu’une organisation patronale demande la disparition d’un organisme susceptible de contrôler ses adhérents, sa proposition mérite d’être examinée avec un peu de recul.
La vie chère comme procès en inutilité
La fédération avance une formule choc : 1,35 milliard de francs dépensés et aucune baisse des prix. Le message est efficace. Le raisonnement l’est moins.
L’ACNC ne décide ni des taxes ni des restrictions d’importation. Elle surveille la concurrence, examine certains rachats d’entreprises et sanctionne des pratiques interdites. Lui demander de régler seule la vie chère, c’est lui attribuer des pouvoirs qu’elle n’a pas.
Son efficacité doit être évaluée. Mais comparer son budget aux amendes d’une seule année ne suffit pas. Empêcher un abus, faire modifier une pratique ou préserver une place pour un concurrent compte aussi.
La FEINC réclame une étude sur les prix et les marges. Pourquoi faudrait-il supprimer le contrôleur avant même d’avoir les conclusions ?
Des critiques qui ne disent pas tout
Le communiqué s’appuie également sur les observations de la Chambre territoriale des comptes. Celle-ci a bien relevé des problèmes d’organisation, de pilotage et de conditions de travail.
Mais son rapport date de 2024, pas de 2018. Et elle recommandait d’améliorer le fonctionnement de l’Autorité, dont elle jugeait alors les moyens adaptés. Ses conclusions ne préconisaient pas sa dissolution.
Et demain qui contrôlerait ?
La FEINC propose de confier les missions aux services du gouvernement. Le pouvoir politique déciderait donc des protections économiques tout en supervisant les contrôles sur les marchés concernés.
Cela ne prouve aucun arrangement. Mais dans un petit territoire où les relations économiques et politiques sont étroites, garder une distance entre les décideurs et les contrôleurs paraît plutôt utile.
Les économies promises pour les retraites et le RUAMM restent aussi à démontrer. Si les contrôles continuent, il faudra toujours des agents, des enquêtes et des compétences.
Changer l’enseigne ne fait pas disparaître la facture.
La production locale et ses emplois méritent d’être soutenus. Les consommateurs et les entreprises qui subissent des pratiques abusives méritent également d’être protégés.
L’ACNC doit rendre des comptes. Mais supprimer le gendarme ne garantit ni des contrôles plus efficaces ni des prix plus bas.
