Des investissements à attirer, des débouchés à développer et davantage de valeur ajoutée à créer sur place. Le protocole entre la Nouvelle-Calédonie et l’Union européenne, daté du 20 octobre, pose les bases d’un partenariat autour des matières premières. Avec une limite claire : aucun financement ni achat de nickel n’est garanti.

L’Europe veut sécuriser les métaux nécessaires à ses industries. La Calédonie veut renforcer son secteur minier. Le partenariat entend rapprocher ces deux intérêts, avec le nickel et le cobalt en première ligne.

Le texte couvre toute la filière : de l’exploration au produit fini, en passant par l’extraction, la transformation, le raffinage et le recyclage. La réhabilitation des sites miniers en fait également partie. Côté européen, ces ressources doivent notamment alimenter les secteurs de l’énergie, du numérique, de la défense et de l’aérospatiale.

Transformer davantage sur place

Le protocole prévoit de faciliter les relations entre entreprises, les partenariats commerciaux et l’accès aux financements. Des fonds européens, des institutions financières et des investisseurs privés pourraient être mobilisés.

La création de valeur en Calédonie figure bien dans le document. Celui-ci prévoit de soutenir les activités à plus forte valeur ajoutée sur le territoire, ainsi que le raffinage et la fabrication de produits semi-finis et finis en Europe.

Reste à déterminer quels projets en bénéficieront et comment les activités seront réparties. À ce stade, aucune usine calédonienne n’est nommément citée.

Mieux valoriser une production responsable

Le partenariat insiste sur les exigences environnementales et sociales, avec un dialogue associant les populations, les autorités coutumières et la société civile.

Il affiche aussi l’objectif de mieux faire reconnaître, dans le prix des minerais, le coût d’une extraction et d’une transformation responsables. Une perspective pour les producteurs soumis à des normes élevées, mais sans prix plancher ni mécanisme précis à ce stade.

L’énergie, les transports, la formation et la recherche font également partie des chantiers envisagés.

Des intentions à concrétiser

Le protocole fixe toutefois ses propres limites : il ne crée aucune obligation juridique et ne constitue aucun engagement de financement. Il ne garantit donc ni enveloppe européenne, ni commandes, ni soutien financier à une usine particulière.

Les deux parties se donnent six mois après la signature pour élaborer une feuille de route. Elle devra préciser les actions, les projets prioritaires éventuels et les possibilités d’investissement.

C’est là que se jouera la portée du partenariat. Pour la filière calédonienne, les résultats se mesureront aux débouchés obtenus, aux investissements réalisés et aux activités développées sur le territoire.

Crédit photo : Haut Commissariat NC