Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Vanuatu dénonce un courrier de Nicolas Metzdorf et interpelle les organisations économiques calédoniennes. Au-delà de la polémique, sa réaction souligne le risque de voir les tensions politiques compromettre la coopération entre entreprises.

Dans sa réponse au courrier du député calédonien daté du 1er octobre 2026, Antoine Boudier, président de la CCI du Vanuatu, condamne des propos qu’il juge méprisants et colonialistes. Il reproche notamment à Nicolas Metzdorf de désigner son pays comme le « Condominium des Nouvelles-Hébrides » et de réduire son indépendance à un changement de puissance administrante.

Derrière l’indignation, il défend le travail engagé pour rapprocher les entreprises des deux territoires. Selon lui, les propos dénoncés fragilisent la confiance nécessaire à cette coopération.

Les liens sont concrets. Les Cacaos du Pacifique, derrière Biscochoc, s’appuient sur des plantations au Vanuatu pour leur approvisionnement. Socalog a accompagné le groupe Au Bon Marché dans l’évolution de sa logistique, tandis que BlueScope NC a coorganisé le Home Expo 2026 à Port-Vila. Matières premières, services et débouchés commerciaux sont donc aussi en jeu…

Les affaires ont besoin de confiance

Les entreprises peuvent coopérer malgré les désaccords politiques. Encore faut-il que leurs partenaires se sentent respectés. C’est le principal avertissement de cette réaction : les mots d’un élu peuvent compliquer les rapprochements économiques.

Le texte ne mentionne aucun contrat annulé ni aucun échange interrompu. Il alerte surtout sur un climat susceptible de rendre les partenaires plus méfiants. Antoine Boudier souligne également le rôle du français comme espace de dialogue entre les communautés, qu’il estime lui aussi fragilisé.

Les organisations économiques interpellées

Le responsable vanuatais demande à la CCI de Nouvelle-Calédonie, à la FINC, à NCT&I et aux autres organisations économiques de condamner les propos dénoncés. Les représentants des entreprises sont ainsi invités à prendre position dans une controverse politique pour préserver leurs partenariats.

Il regrette également l’absence, à sa connaissance, de réaction publique des autorités calédoniennes et de l’ambassade de France au Vanuatu. Il appelle cette dernière à réaffirmer le respect dû à son pays, à son peuple et à sa souveraineté.

Préserver les liens entre voisins

Le courrier ne réclame pas de rupture économique. Il réaffirme la volonté de renforcer la coopération, tout en demandant que les différends politiques ou territoriaux soient traités par le dialogue et la diplomatie.

Ce n’est pas la première fois que la politique perturbe le rapprochement économique. Pour rappel, en mai dernier, la polémique autour de la présence de Christian Tein au forum VOICE 2030 avait entraîné le retrait d’entrepreneurs du Medef et la suspension des travaux sur l’accord commercial entre les deux territoires.