Face à la crise du RUAMM et aux difficultés d’accès aux soins, le Collectif pour les droits humains*, dont l’ambition affichée est de « défendre les droits, les libertés et le vivre-ensemble en Kanaky–Nouvelle-Calédonie », appelle à un « nouveau pacte pour la santé ». L’objectif est louable, mais avec quel argent ?

Le collectif veut préserver l’accès aux soins, éviter une médecine à deux vitesses et ne pas faire des malades la variable d’ajustement de la crise du RUAMM. Mais un droit, aussi fondamental soit-il, doit être financé. Et c’est là que le communiqué laisse un grand vide.

La Nouvelle-Calédonie est exsangue. Les entreprises ferment, l’emploi recule, les cotisations diminuent et les finances publiques sont déjà sous perfusion. Dans ce contexte, vouloir préserver les remboursements et garantir un accès égal aux soins sans dire précisément qui paiera relève davantage du principe que de la solution.

Le collectif propose de récupérer les cotisations impayées, de contrôler les sous-déclarations et de revoir les exonérations sociales.
Il faut évidemment le faire. Mais combien cela rapporterait-il réellement ? Et surtout, cela suffirait-il à combler durablement le déficit du RUAMM ? Sans chiffres, impossible de le savoir.

Faire contribuer chacun selon ses capacités peut aussi s’entendre. Encore faut-il rappeler que la base imposable se réduit, que les ménages et les entreprises supportent déjà de nombreuses charges et que trop taxer ceux qui restent ne recréera ni emplois ni cotisations.

Le vrai débat n’est donc pas de savoir si les Calédoniens ont droit à la santé. Personne ne le conteste. Il est de déterminer quel niveau de protection collective le territoire peut encore financer, avec quelles recettes et quelles économies.

Un nouveau pacte, pourquoi pas. Mais les bonnes intentions ne suffiront pas à renflouer le RUAMM. Dans une Nouvelle-Calédonie à court d’argent, chaque proposition doit désormais être accompagnée d’un financement crédible.


* Le Collectif pour les droits humains en Kanaky–Nouvelle-Calédonie est récemment apparu dans le débat public et communique principalement sur les réseaux sociaux. Sa composition et l’identité de ses responsables ne sont pas publiquement précisées. Ses prises de position portent notamment sur les droits de la population kanak, la justice, la santé et les inégalités territoriales.