Jusqu’au 23 septembre, plusieurs cantines scolaires calédoniennes mettent les produits du pays au menu. La 14e édition de « Cantines à l’unisson » veut montrer qu’une restauration collective plus locale est possible, malgré les contraintes de prix, de volumes et d’approvisionnement.
Lancée en 2018 par Pacific Food Lab, l’opération réunit des établissements publics, privés et confessionnels autour d’un même objectif : proposer aux élèves des repas équilibrés intégrant un maximum de produits locaux.
Pour le lancement, lundi au lycée Anova de Païta, les assiettes ont pris des couleurs avec une salade de citrouille, du porc au sucre, une orange et un gâteau de patate douce. Le repas a été préparé par la cuisine centrale de la Direction diocésaine de l’enseignement catholique.
Pour les grandes cuisines centrales, consommer local reste pourtant un véritable exercice d’équilibriste. Les producteurs doivent pouvoir fournir les quantités nécessaires, au bon moment, tout en respectant les contraintes sanitaires et le budget des repas. Selon Pacific Food Lab, le prix moyen d’un repas en cantine tourne autour de 200 francs.
Du menu exceptionnel au changement durable
À ses débuts, en 2018, « Cantines à l’unisson » représentait environ 12 000 repas. L’opération a ensuite pris de l’ampleur, jusqu’à concerner plusieurs dizaines de cantines et près de 55 000 couverts sur la Grande Terre et aux îles Loyauté.
Mais l’enjeu est désormais d’aller au-delà de quelques journées consacrées aux produits locaux. C’est tout l’objectif du dispositif « La Belle Cantine », dont on présentait les premiers résultats en mai dernier. Dans certains établissements pilotes, la part des produits locaux pouvait atteindre jusqu’à 70 % sur une période scolaire.
Trois cantines calédoniennes ont aujourd’hui obtenu ce label, qui prend également en compte la lutte contre le gaspillage et la sensibilisation des élèves. Cinq autres établissements ont engagé la démarche.
Avec environ 65 000 Calédoniens qui mangent chaque jour en restauration collective, les cantines représentent un débouché important pour l’agriculture et la transformation locales. Encore faut-il que les filières puissent suivre en quantité, en régularité et à un prix compatible avec des budgets toujours très serrés.
Photo d’illustration : ville de Nouméa

