Écouter gratuitement la radio dans sa voiture pourrait bientôt devenir plus compliqué. Certains constructeurs commercialisent désormais des véhicules sans récepteur FM ou DAB+, ou le proposent en option payante, au profit des applications et des plateformes connectées.

Face à cette évolution, radios publiques, privées et associatives demandent au gouvernement de garantir par la loi un accès direct et gratuit à la radio dans tous les véhicules neufs.

La réglementation actuelle comporte en effet une faille : depuis 2020, les autoradios installés dans les voitures neuves vendues en Europe doivent pouvoir recevoir le DAB+. Mais rien n’oblige les constructeurs à équiper leurs véhicules d’un autoradio. Il leur suffit donc de le supprimer pour échapper à cette obligation.

Le sujet doit désormais être tranché sur deux fronts. Une proposition de loi doit justement être examinée au Sénat pour rendre la radio obligatoire dans les véhicules neufs. Les stations demandent au gouvernement de soutenir cette mesure et de défendre la même règle au niveau européen.

Sans récepteur, l’automobiliste doit passer par son téléphone, une connexion internet ou une plateforme choisie par le constructeur. L’accès aux stations peut alors dépendre de leur référencement, d’un abonnement ou d’un accord commercial.

La question touche aussi à la sécurité. En cas de cyclone, d’incendie, de panne électrique ou de saturation des réseaux mobiles, la radio hertzienne reste l’un des moyens les plus fiables pour informer rapidement la population. Un enjeu qui résonne particulièrement en Nouvelle-Calédonie.

Derrière la défense de l’autoradio, les stations posent donc une question simple : l’accès gratuit à l’information doit-il demain dépendre des constructeurs automobiles et des grandes plateformes numériques ?