Le suicide reste difficile à évoquer, comme si le simple fait d’en parler risquait d’aggraver les choses. C’est pourtant souvent le silence qui renforce l’isolement. À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, organisée ce jeudi 10 septembre, chacun est invité à changer de regard et à oser ouvrir le dialogue.

Écouter sans juger, prendre au sérieux une parole inquiétante ou accompagner une personne vers un professionnel peut déjà faire une différence. Il ne s’agit pas de devenir psychologue, mais simplement de ne pas détourner le regard lorsqu’un proche montre des signes de détresse.

En Nouvelle-Calédonie, plusieurs initiatives tentent de créer ce premier relais. En province Sud, le programme « Sentinelles » est déployé depuis 2024 auprès de jeunes du Service civique et de leurs superviseurs. Près d’une centaine de personnes ont été formées pour repérer le mal-être, accueillir la parole et orienter vers les dispositifs adaptés.

Dans les îles Loyauté, Santé mentale 360° développe une approche plus large avec les acteurs de Lifou, Maré et Ouvéa. La démarche repose sur une idée simple : « la santé mentale ne concerne pas uniquement les cabinets médicaux ». Elle se construit aussi dans les familles, les communautés et les lieux de vie. Des sentinelles et des personnes relais sont ainsi formées pour mieux détecter les situations de détresse et faciliter l’accès aux soins.

Les médias ont également un rôle à jouer. Une sensibilisation de deux heures leur est proposée autour du programme Papageno, un dispositif qui aide les journalistes à parler du suicide sans sensationnalisme, sans décrire les circonstances du geste et en mettant davantage en avant la prévention et les ressources disponibles.

Le 10 septembre offre l’occasion d’en parler. Mais l’essentiel est que cette parole puisse continuer toute l’année. Parfois, une phrase suffit pour ouvrir une porte : « Si un jour ça ne va pas, tu peux venir m’en parler. »

En cas de détresse, SOS Écoute est joignable gratuitement et anonymement au 05 30 30. Face à un danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Le Centre hospitalier spécialisé Albert-Bousquet peut également être contacté au 24 36 36.

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