L’Union calédonienne annonce une première avancée dans sa contestation du regroupement des bureaux de vote à Nouméa. Selon un communiqué diffusé ce 3 septembre, le rapporteur public du tribunal administratif a estimé que la décision était illégale. Le jugement doit être rendu le 23 septembre.

Au cœur du recours : le regroupement de 57 bureaux de vote sur seulement neuf sites. L’UC conteste cette réorganisation, décidée par le haut-commissariat et la Ville de Nouméa, en dénonçant ses conséquences sur l’accès aux urnes.

Des électeurs plus éloignés du vote. Le mouvement affirme que certains habitants ont dû parcourir plusieurs kilomètres pour voter, sans transport en commun le dimanche. Des difficultés qui auraient particulièrement touché les populations les plus modestes des quartiers nord de Nouméa. Selon les chiffres avancés par l’UC, l’abstention y a dépassé 50 %, contre moins de 40 % dans la plupart des quartiers sud.

Le parti soulève aussi la question des résultats. Il rappelle que la liste FLNKS a obtenu 9,52 % des suffrages exprimés aux municipales et affirme qu’il lui a manqué 180 voix pour atteindre le seuil de 10 % et obtenir un siège au conseil municipal. Un écart qu’il met en regard des difficultés d’accès au vote, sans que ce lien soit établi à ce stade.

Une contestation qui dépasse l’organisation matérielle. Pour l’UC, cette centralisation porte atteinte au libre exercice du droit de vote, à l’égalité devant le suffrage et à la sincérité du scrutin. Dans son communiqué signé par Dominique Fochi, secrétaire général du mouvement, elle accuse les responsables de cette décision d’avoir privilégié des considérations électorales.

Un coup d’épée dans l’eau ? Pas forcément, si ce recours oblige les autorités à revoir les lieux de vote pour les prochains scrutins. Mais une victoire de l’UC n’annulerait pas automatiquement les municipales et ne donnerait pas un siège au FLNKS. Tout dépendra donc de la portée du jugement attendu le 23 septembre.