Le 55e Forum des îles du Pacifique s’est ouvert aux Palaos. Pendant cinq jours, les dirigeants océaniens doivent parler économie, climat, énergie et sécurité. Mais pour la Nouvelle-Calédonie, membre à part entière depuis 2016, l’enjeu est aussi politique : continuer à faire entendre sa voix dans une région qui suit de près son avenir institutionnel.
La grande réunion annuelle du Pacifique se tient jusqu’au 4 septembre à Koror. Les 18 membres du Forum doivent notamment faire le point sur la stratégie régionale pour le « continent bleu du Pacifique » et sur les réformes de l’organisation.
Au menu également : la hausse du coût de l’énergie, la sécurité alimentaire, les trafics de drogue, le changement climatique et les conséquences de la montée des eaux, l’exploitation des grands fonds marins et les tensions géopolitiques qui traversent la région, notamment le tir d’essai par la Chine d’un missile balistique qui s’est abîmé dans l’océan Pacifique en juillet.
Car derrière les discours sur l’unité océanienne, la Chine, Taïwan, les États-Unis et l’Australie ne sont jamais très loin. Pékin conteste notamment la participation de Taïwan, accueilli cette année comme partenaire de développement par les Palaos, l’un de ses trois derniers alliés diplomatiques dans le Pacifique.
La Calédonie sous le regard de ses voisins. Pour le territoire, ce rendez-vous dépasse largement les seules questions diplomatiques. Depuis les émeutes de 2024, le Forum suit officiellement la situation calédonienne. Une mission d’information s’était rendue sur place et les dirigeants océaniens avaient ensuite appelé au dialogue, à l’unité et à la stabilité.
La Nouvelle-Calédonie est officiellement représentée par Alcide Ponga. L’ancien président du gouvernement remplace Milakulo Tukumuli, retenu à Paris par les discussions sur la situation financière du territoire.
L’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie reste donc observé de près. L’accord de Bougival, les discussions encore en cours et la place future du territoire dans la région intéressent directement ses voisins, dont certains soutiennent ouvertement le processus de décolonisation.
Christian Tein, président du FLNKS est également présent aux Palaos. Selon la télévision publique vanuataise, il a été intégré à la délégation du Vanuatu. Il ne dispose toutefois d’aucun mandat institutionnel pour représenter la Nouvelle-Calédonie : sa présence relève d’une démarche politique indépendantiste, et non d’une représentation officielle du territoire.
Membre à part entière du Forum depuis dix ans, la Nouvelle-Calédonie ne peut plus se contenter d’y faire de la figuration. Elle doit y défendre ses intérêts concrets : coopération économique, liaisons régionales, énergie, pêche, climat ou encore financements internationaux.

