La SODIL, bras économique de la province des Îles Loyauté, se retrouve une nouvelle fois dans le viseur de la Chambre territoriale des comptes. Dans son rapport portant sur les années 2020 à 2024, la CTC décrit un groupe toujours dépendant de l’argent public, faute d’avoir trouvé un modèle économique viable.
Le groupe a pourtant pris une ampleur considérable. Au 30 juin 2024, la Société de développement et d’investissement des Îles comptait une centaine d’entités. Derrière ce chiffre se trouvent des activités très diverses : les hôtels Wadra Bay, Drehu Village, Nengone Village, Paradis d’Ouvéa ou Oasis de Kiamu, mais aussi le transport, la pêche, l’agroalimentaire et le soutien aux petites entreprises.
Un ensemble devenu difficile à piloter. Créée en 1991 pour soutenir le développement économique des Îles, la SODIL n’a jamais réussi, selon la Chambre, à assurer durablement ses missions sans le soutien financier de la province. Plus de trente ans après sa création, les objectifs qui lui ont été fixés n’auraient toujours pas été réellement évalués.
Les rémunérations sont également dans le viseur. La CTC indique avoir relevé des « anomalies significatives » dans les conditions de rémunération de la gouvernance. Elle en a informé la CAFAT et les services fiscaux de la Nouvelle-Calédonie.
La facture provinciale est lourde. Entre 2020 et 2024, la SODIL et ses filiales ont reçu près de 880 millions de francs d’aides directes, sans compter les secteurs aérien et maritime. Selon la Chambre, tout ou partie de ces financements pourrait ne pas respecter pleinement le cadre fixé par la loi organique.
Un exemple parmi d’autres : 150 millions ont été versés en 2024 pour financer une créance détenue par une société de défiscalisation. Et le coût réel serait encore sous-estimé, puisque les personnels et les bâtiments mis gratuitement à disposition par la province ne sont pas comptabilisés dans cette facture.
La CTC alerte surtout sur la suite : à force de maintenir le groupe à flot, la province pourrait un jour être appelée à combler ses dettes.
La SODIL ne conteste pas les difficultés, mais veut remettre les responsabilités dans l’ordre. Elle rappelle que les années contrôlées ont été marquées par le Covid-19, puis par les événements de mai 2024. Deux crises qui ont aggravé une situation déjà fragile.
La nouvelle équipe promet désormais de réduire les charges, de restructurer les filiales, de vendre les actifs ou participations jugés non stratégiques et de rechercher des partenaires privés.
Le diagnostic est posé. La SODIL assure avoir changé de méthode depuis 2025. Après plus de trente ans de dépendance aux finances provinciales, reste à espérer que cette fois sera la bonne.


