« Ouvrière de production légumes », « dynamique, rigoureuse et motivée »… Ce type de formulation peut sembler anodin. Pourtant, la manière dont une offre d’emploi est rédigée n’est pas sans conséquence.

En Nouvelle-Calédonie, le Code du travail est pourtant clair. Son article Lp. 112-1 interdit de prendre en considération le sexe dans une offre d’emploi, sauf dans les rares cas où celui-ci constitue une condition essentielle à l’exercice de la profession.

Dans la pratique, la plupart des recruteurs utilisent aujourd’hui des formulations neutres ou ajoutent la mention « H/F », précisément pour éviter toute ambiguïté. Une annonce rédigée uniquement au masculin ou uniquement au féminin peut en effet laisser penser qu’elle s’adresse à un seul sexe, même si l’employeur affirme accepter toutes les candidatures.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas nouveau. Les métiers traditionnellement associés aux femmes ou aux hommes donnent encore régulièrement lieu à des annonces rédigées dans un seul genre, souvent par habitude plutôt que par volonté d’exclure. Pourtant, le principe d’égalité d’accès à l’emploi impose que les offres soient ouvertes à tous, sauf exception prévue par la loi.

L’affaire est d’autant plus notable lorsqu’elle concerne un professionnel du recrutement. Une annonce récemment diffusée par Manpower Nouvelle-Calédonie recherchait ainsi une « ouvrière de production légumes » et décrivait la candidate idéale comme « dynamique, rigoureuse et motivée », sans mention indiquant que le poste était également ouvert aux hommes.

Sans préjuger des intentions du recruteur, cette formulation interroge. Les agences d’intérim et les cabinets de recrutement sont justement des spécialistes de l’embauche et sont censés accompagner leurs clients dans le respect de la réglementation. On peut donc légitimement attendre d’eux qu’ils appliquent eux-mêmes les règles qu’ils contribuent à faire respecter.

Si les professionnels du recrutement ne montrent pas l’exemple, comment espérer que les autres le fassent ?