[EDITO] Pour rejoindre les Îles Loyauté, il va encore falloir s’armer de patience… et parfois d’imagination.
Depuis plusieurs mois, Air Calédonie ne peut plus desservir Maré et Ouvéa en raison du blocage des aérodromes. Certes, Air Océania assure des rotations au départ de Magenta, mais avec une capacité plus limitée et des billets plus chers. À partir du 4 juillet, c’est le Betico qui s’arrête à son tour pour son carénage annuel, jusqu’au 5 août.
Pris séparément, ces événements ont chacun leur explication. Ensemble, ils dessinent une réalité bien plus préoccupante : les solutions de transport se réduisent progressivement, alors que les besoins, eux, restent les mêmes.
Quand l’offre officielle se raréfie, d’autres solutions apparaissent. Depuis quelques semaines, les traversées assurées par des embarcations privées entre les îles et la Grande Terre se multiplient. Elles répondent à une demande bien réelle, mais en dehors du cadre du transport maritime régulier. Une évolution qui interroge autant qu’elle révèle un manque.
Le problème dépasse d’ailleurs le simple transport. À chaque fois qu’un service structurant disparaît ou devient inaccessible, des alternatives émergent pour combler le vide. Certaines sont parfaitement légales, d’autres beaucoup moins. Mais elles ont toutes un point commun : elles prospèrent parce qu’un besoin n’est plus satisfait.
Le carénage du Betico est prévu de longue date et il est indispensable à la sécurité du navire. Les blocages des aérodromes relèvent, eux, d’un tout autre contexte. Pourtant, leurs effets se cumulent aujourd’hui et ce sont les habitants des îles, les familles, les professionnels et les voyageurs qui en paient le prix.
À force de voir les solutions de transport se réduire, le risque est de considérer les solutions de fortune comme une nouvelle normalité. Or, un territoire ne peut durablement fonctionner avec des alternatives improvisées pour assurer des liaisons aussi essentielles que celles entre la Grande Terre et les îles.
