L’économie calédonienne continue de subir de plein fouet les conséquences des émeutes de mai 2024 et de la crise persistante du nickel. Dans une étude publiée en mai 2026, l’IEOM dresse un constat particulièrement inquiétant de la situation des entreprises du territoire.

Le PIB de la Nouvelle-Calédonie a reculé de 13,5 % en 2024, soit la plus forte baisse enregistrée depuis les années 1960. L’indicateur du climat des affaires est même tombé sous les niveaux observés pendant la crise sanitaire du Covid. Déjà fragilisées depuis plusieurs années, les entreprises ont vu leur activité s’effondrer dans le sillage des violences et des blocages.

Le chiffre d’affaires des entreprises étudiées chute en moyenne de 21,9 %, avec des secteurs particulièrement touchés comme le BTP (-35 %) et les activités extractives (-39,6 %). Les PME apparaissent parmi les plus fragilisées, avec une baisse d’activité de 26,8 %.

Les conséquences sur l’emploi sont également massives. Selon l’ISEE, un peu plus de 12 500 emplois privés ont été détruits entre septembre 2023 et septembre 2025, soit une baisse de 18,4 % des effectifs salariés du privé.

Face à cette situation, l’État et le gouvernement ont déployé plusieurs dispositifs d’urgence, parmi lesquels l’activité partielle, le chômage exaction, le fonds de solidarité ou encore des aides financières « au cas par cas ».

Les entreprises ont également dû réduire leurs charges et tenter de préserver leur trésorerie pour survivre. Mais malgré ces mesures d’urgence, de nombreuses sociétés ont vu leur situation financière se détériorer fortement. Les bénéfices se sont effondrés et les difficultés se multiplient, au point que les entreprises considérées en situation fragile sont désormais plus nombreuses que celles jugées solides.

L’institut souligne également que les perspectives restent défavorables fin 2025. L’incertitude autour de l’avenir institutionnel continue de freiner la confiance et l’investissement, même si le pacte de refondation de l’État, annoncé à hauteur de 240 milliards de francs CFP sur cinq ans, pourrait contribuer, en partie, à soutenir la reprise