Face au trou grandissant du RUAMM, le gouvernement veut réduire la facture de la santé. Un projet de loi du pays, adopté après avis du Conseil d’État, prévoit plusieurs mesures pour limiter les dépenses médicales et tenter de ramener le déficit du régime d’assurance maladie de 9 milliards de francs en 2025 à 5,8 milliards en 2028.
Le texte s’inscrit dans le plan global de réformes budgétaires et sociales adopté par le Congrès en août 2025 pour redresser les finances publiques.
Concrètement, plusieurs changements pourraient toucher directement les assurés. Le gouvernement prévoit notamment une franchise sur certains médicaments ainsi que sur les transports sanitaires non urgents, avec une participation financière des patients dans la limite d’un plafond. Les remboursements de certains traitements coûteux seraient également revus.
Le projet veut aussi mieux encadrer les soins réalisés hors du territoire et moderniser la tarification des actes médicaux grâce à une nouvelle classification commune destinée à harmoniser les pratiques. La nomenclature actuelle resterait toutefois utilisée pour les actes cliniques, tandis que plusieurs ajustements sont également prévus pour la prise en charge des longues maladies.
Autre nouveauté : la création d’un numéro calédonien de santé pour améliorer le suivi des patients et de leur parcours médical.
Le gouvernement souhaite également réorganiser le fonctionnement du système de santé. Les règles de conventionnement seraient adaptées pour certains médecins et dentistes exerçant à l’hôpital dans le Grand Nouméa, tandis que davantage de professions paramédicales : comme les kinés, orthophonistes, ambulanciers ou diététiciens, intégreraient le système conventionnel.
Le texte prévoit aussi de revoir le financement des établissements hospitaliers et médico-sociaux grâce à des études de coûts locales et à des contrats d’objectifs passés avec le gouvernement. Certaines dispositions jugées obsolètes, comme le ticket modérateur sur le “petit risque”, seraient supprimées.
Enfin, une complémentaire santé deviendrait obligatoire pour tous les salariés et agents publics, avec une prise en charge d’au moins 50 % par les employeurs. Plusieurs mesures devront encore être précisées dans des textes d’application après concertation avec les professionnels du secteur.
Derrière ces mesures techniques, l’objectif est clair : freiner le coût du système de santé et trouver rapidement plusieurs milliards d’économies pour éviter l’enlisement financier du RUAMM.
