La CCAT a vivement réagi après le vote de l’Assemblée nationale validant le dégel du corps électoral pour les prochaines élections provinciales. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, le mouvement dénonce un « passage en force » de l’État français et accuse le tandem Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu de fragiliser les équilibres politiques construits depuis l’Accord de Nouméa.
Cette réforme dépasse largement le cadre d’un simple ajustement électoral. Le mouvement estime qu’elle remet en cause le processus de décolonisation engagé depuis plusieurs décennies et ouvre la voie à une modification durable des rapports de force politiques en Nouvelle-Calédonie.
Le communiqué remet également en question la sincérité du dialogue proposé par l’État autour de l’avenir institutionnel du territoire. La CCAT considère que plusieurs décisions prises ces dernières années, notamment depuis le troisième référendum de 2021, ont progressivement détruit la confiance entre Paris et les indépendantistes.
Cette nouvelle prise de position intervient dans un contexte politique toujours extrêmement tendu autour des discussions institutionnelles et des prochaines élections provinciales prévues en 2026. Le dégel du corps électoral demeure l’un des principaux sujets de fracture entre indépendantistes et non-indépendantistes.
Dans sa conclusion, la CCAT évoque la colère née des événements de mai 2024, la situation des « prisonniers politiques » et affirme que le peuple kanak devra défendre ses droits « par toutes les voies reconnues par l’histoire et le droit international ». Le communiqué se présente enfin comme un appel à la mobilisation adressé « aux militants et à tous les Calédoniens ».
