De plus en plus de travailleurs du Vanuatu choisissent de partir à l’étranger face au manque d’opportunités locales. C’est le constat dressé par le Bureau des statistiques du Vanuatu, dont la dernière enquête nationale sur la population active met en lumière une tendance de fond.

En décembre 2025, environ 6 540 Ni-Vanuatu étaient employés en Australie dans le cadre du programme PALM ((Pacific Australia Labour Mobility). Au total, plus de 10 000 membres de ménages vivaient à l’étranger au moment de l’étude, dont près de 8 000 pour travailler, confirmant le rôle central de ces revenus pour de nombreuses familles.

Si le taux de chômage officiel s’établit à 4,5 %, indique le vanuatu daily post, il masque des difficultés structurelles importantes. L’indicateur de sous-utilisation de la main-d’œuvre atteint 24,6 %, révélant un marché du travail sous tension.

Dans les zones rurales, où vit l’essentiel de la population, l’économie repose largement sur l’agriculture de subsistance et les activités informelles : plus de 60 % des actifs produisent d’abord pour leur propre consommation, un chiffre qui dépasse 70 % hors des centres urbains. L’emploi informel représente 58,5 % des activités, tandis que 44,3 % des jeunes ne sont ni en emploi, ni en formation.

Les inégalités entre hommes et femmes restent marquées. Le taux d’activité féminin (45,7 %) demeure inférieur à celui des hommes (53,7 %), avec une surreprésentation des femmes dans les emplois précaires ou à temps partiel.

Dans ce contexte, le travail à l’étranger s’impose comme une réponse concrète pour de nombreux ménages. Le Bureau des statistiques du Vanuatu souligne que ces données devront alimenter la politique de l’emploi 2025-2030, avec un enjeu clair : créer davantage d’opportunités sur place pour éviter que la mobilité ne devienne la seule porte de sortie.