Dans un courrier adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu le 12 avril, le président du FLNKS, Christian Tein, oppose une fin de non-recevoir à toute modification du corps électoral avant les élections provinciales, attendues d’ici le 28 juin 2026.
Le mouvement indépendantiste, qui a participé aux réunions des 7 et 10 avril, prend acte de la poursuite des discussions mais pose ses conditions. Il estime que le rejet du projet de loi constitutionnelle à l’Assemblée nationale « traduit l’absence du consensus nécessaire » et appelle l’État à « tirer les conséquences de ses propres erreurs de méthode ».
Sur le point central du corps électoral, la position est « ferme » et « sans ambiguïté » : maintien du dispositif actuel issu de l’Accord de Nouméa. Le FLNKS invoque le « strict respect du droit » et d’un « processus de décolonisation encore inachevé ».
Le courrier s’appuie également sur les décisions du Conseil constitutionnel, rappelant que le report du scrutin jusqu’au 28 juin 2026 « devra être le dernier » et que le gel du corps électoral a été jugé conforme. Le FLNKS refuse toute décision dans la précipitation. La question « ne peut être tranchée dans l’urgence », avertit Christian Tein, au risque de répéter « l’erreur fondamentale » à l’origine de la crise de 2024.
Répondant à la demande de l’État de « faire un geste », le mouvement rejette toute logique de concession sous pression : les équilibres politiques « n’ont jamais été le produit de gestes unilatéraux ».
Le FLNKS propose une séquence en deux temps : organiser d’abord des élections « juridiquement sécurisées et politiquement incontestables », puis rouvrir les discussions sur l’avenir institutionnel.
Tout en se disant « disponible pour un dialogue exigeant, loyal et constructif », il appelle l’État à créer « les conditions propices à un accord durable plutôt qu’en répondant à l’urgence du calendrier ».
