C’est un dossier hérité, sensible et politiquement exposé. Dans un communiqué publié ce 14 avril 2026, le maire du Mont-Dore, Nina Julie clarifie la position de la nouvelle majorité sur le projet de centre d’incendie et de secours (CIS) de La Coulée. Contesté pendant la campagne municipale, le chantier sera finalement poursuivi, faute de marges de manœuvre suffisantes pour y mettre un terme.

Durant la campagne, l’équipe aujourd’hui aux commandes avait pourtant défendu une autre vision. Plutôt qu’une nouvelle caserne à La Coulée, elle proposait une organisation des secours jugée plus équilibrée, avec la rénovation de l’existant et la création d’une annexe de pompiers en plein cœur de Boulari. Une manière, selon elle, de mieux couvrir l’ensemble de la commune et de réduire les délais d’intervention dans les zones les plus éloignées.

A son arrivée en fonctions, le 27 mars, le maire affirme avoir découvert un dossier déjà verrouillé. Les marchés publics avaient été signés fin février et les entreprises officiellement notifiées le 26 mars, soit la veille même de l’installation du nouveau conseil municipal.
Une situation qui a laissé peu de place à une remise à plat du projet. Le chantier a bien été suspendu temporairement pour analyse, mais la conclusion est sans appel : l’arrêter coûterait trop cher. La commune devrait verser environ 45 millions de francs d’indemnités aux entreprises, tout en s’exposant à des recours juridiques. Surtout, elle perdrait un financement de l’État estimé à 490 millions de francs, intégralement dédié à cette opération et non transférable vers un autre projet.

Au-delà de l’aspect financier, la municipalité met aussi en avant un enjeu politique : préserver une relation de confiance avec l’État, partenaire clé pour les investissements à venir. Dans ce contexte, l’exécutif local parle d’un “choix de responsabilité” et acte la poursuite du chantier de la caserne de La Coulée.

Pour autant, la mairie ne renonce pas à ses engagements de campagne. Elle confirme vouloir créer à Boulari un véritable pôle de sécurité, avec une annexe des pompiers et un nouveau commissariat, un projet jugé prioritaire au regard de l’état actuel des infrastructures.

Les crédits initialement prévus par la commune restent disponibles, l’État ayant décidé de financer la caserne à 100 %, et pourraient être redéployés vers ce futur équipement dans le cadre du pacte de refondation. Des discussions sont déjà engagées avec le haut-commissaire de la République, afin de faire avancer rapidement ce dossier structurant.