Après une année 2024 marquée par des destructions massives d’emplois, le marché du travail montre des signes de stabilisation en 2025. Le recul se poursuit, mais à un rythme plus modéré, dans une économie encore profondément affectée.

Selon les données de l’Isee, 77 510 salariés ont été recensés, soit près de 2 000 emplois perdus en un an . Un recul réel, mais moins marqué qu’en 2024, année noire pour l’économie calédonienne.

Sur le terrain, la dégradation reste visible. Le secteur privé, qui concentre l’essentiel des emplois, enregistre une nouvelle baisse ce trimestre. Industrie, construction et agriculture continuent de tirer les effectifs vers le bas, avec des replis significatifs, notamment dans le bâtiment déjà fragilisé depuis plusieurs années .

À l’inverse, les services et le commerce limitent la casse. Les effectifs y restent globalement stables, évitant un décrochage plus large du marché du travail.

Même tendance côté public. Les effectifs continuent de s’éroder, principalement chez les contractuels. Une évolution qui s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu, où les marges de manœuvre des collectivités restent limitées .

Derrière ces chiffres, c’est toute l’économie calédonienne qui tente de se relever. Les séquelles de 2024 sont encore bien présentes : crise du nickel, émeutes de mai, finances publiques sous pression. Autant de chocs qui ont durablement désorganisé l’activité et détruit des milliers d’emplois.

Quelques signaux positifs émergent toutefois. Le moral des chefs d’entreprise se redresse légèrement, les créations d’entreprises repartent à la hausse et les défaillances reculent. Des indicateurs encore fragiles, mais qui traduisent un début de stabilisation .

Pour limiter la casse, un dispositif exceptionnel de maintien dans l’emploi a pris le relais du chômage partiel depuis l’été 2025. En septembre, plus de 1 700 salariés en bénéficiaient encore, preuve que la situation reste sous tension .

Au final, l’économie ne décroche plus… mais elle ne redémarre pas vraiment non plus. L’emploi se stabilise à bas niveau, revenant à des standards d’il y a plus de quinze ans.

Une sortie de crise qui s’annonce lente, et encore très incertaine.