Lors de l’audience solennelle de rentrée du tribunal de première instance de Nouméa, le procureur de la République a dressé le bilan de l’activité judiciaire pour l’année 2025. Si le nombre d’affaires enregistrées est en baisse, la justice observe une évolution du profil de la délinquance, désormais davantage liée aux difficultés économiques.

Au total, plus de 21 000 plaintes et procès-verbaux ont été enregistrés en 2025, contre près de 23 600 l’année précédente. Le parquet a traité plus de 10 800 affaires poursuivables, avec une réponse pénale apportée dans près de neuf dossiers sur dix. 

Au cours de l’année, près de 5 700 gardes à vue ont été enregistrées et plus de 600 personnes ont été présentées devant la justice. Les procédures simplifiées continuent par ailleurs de se développer afin de permettre un traitement plus rapide de certaines affaires, notamment à travers les comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité ou les ordonnances pénales. 

Pour le procureur, l’année 2025 marque surtout une évolution du type de délinquance observée. Après une année 2024 dominée par les violences liées à la crise insurrectionnelle de mai, la délinquance serait désormais davantage liée à la crise économique.

Les services d’enquête constatent notamment une hausse des vols portant sur des produits alimentaires. La justice observe également l’apparition de petits revendeurs de cannabis jusque-là inconnus de la justice, souvent d’anciens salariés ayant perdu leur emploi et cherchant à compléter leurs revenus.

Dans ce contexte social dégradé, les violences intrafamiliales restent une préoccupation majeure pour les autorités judiciaires. En 2025, 2 840 procédures ont été enregistrées dans ce domaine, dont 1 833 pour des violences conjugales. Ces situations traduisent souvent des contextes de grande précarité, de tensions familiales ou de mal-être social. Les magistrats constatent également que les enfants sont parfois les premières victimes de ces violences, que ce soit directement ou en tant que témoins de conflits familiaux.

Face à cette réalité, le parquet entend poursuivre une politique pénale ferme tout en renforçant l’accompagnement des victimes et la prise en charge des auteurs. Plusieurs dispositifs existent déjà, notamment à travers le suivi des auteurs de violences et les partenariats avec les structures spécialisées dans l’accompagnement des victimes.

Les cambriolages constituent également un sujet de préoccupation pour les autorités judiciaires. Leur nombre a progressé ces dernières années, avec plus de 2 200 faits recensés en 2025. Malgré cette hausse, les forces de sécurité affichent des résultats jugés encourageants, avec un taux d’élucidation atteignant 33 %, soit près du double de la moyenne observée dans l’Hexagone.

Le procureur a salué l’engagement des services de la gendarmerie, de la police nationale et des douanes, soulignant que ces résultats sont le fruit d’un travail collectif associant magistrats, enquêteurs, greffiers et avocats.

Plusieurs chantiers de modernisation sont également engagés au sein de la juridiction. La procédure pénale numérique, déployée en 2025, transforme progressivement le traitement des dossiers, tandis qu’un travail de transfert du casier judiciaire local vers le casier judiciaire national est en cours.

Le parquet souhaite aussi développer des mesures alternatives à visée pédagogique, notamment des stages de citoyenneté, de sécurité routière ou de sensibilisation aux conduites addictives.

La juridiction devrait par ailleurs être renforcée dans les prochains mois avec l’arrivée d’un magistrat supplémentaire au parquet.