L’Autorité de la concurrence de la Nouvelle-Calédonie (ACNC) a publié son rapport annuel 2025. Si l’institution dresse le bilan de son activité après une année encore marquée par les conséquences des émeutes de mai 2024, elle en profite aussi pour défendre une vision plus large de l’avenir économique du territoire.
Pour son président, Stéphane Retterer, la relance ne pourra pas reposer uniquement sur les protections de marché. L’ACNC estime que les entreprises calédoniennes ont besoin à la fois d’une politique industrielle adaptée et d’une concurrence plus dynamique afin de gagner en compétitivité, d’innover davantage et de mieux s’intégrer dans leur environnement régional.
Cette réflexion intervient alors que l’économie locale reste fragilisée par la crise de 2024, avec une hausse des défaillances d’entreprises et des pertes d’emplois. Malgré ce contexte, l’autorité observe les premiers signes d’une reprise, notamment à travers plusieurs projets de rachat d’entreprises et de réouverture de commerces détruits lors des violences.
Sur le plan de son activité, l’ACNC a rendu 29 avis et décisions en 2025. Quinze concernaient le contrôle des concentrations d’entreprises et du commerce de détail, quatre relevaient de procédures répressives et cinq étaient des avis destinés à éclairer les pouvoirs publics sur des secteurs stratégiques comme le tourisme, le cinéma ou les télécommunications.
L’autorité annonce déjà ses priorités pour les années à venir. Elle souhaite participer aux débats sur la grande distribution, le fret aérien, la manutention portuaire, l’automobile, les télécommunications et plus largement sur les règles économiques qui encadrent le marché calédonien. Elle envisage également de faire évoluer le droit de la concurrence afin de mieux l’adapter aux réalités locales.
Au-delà des chiffres, le message du rapport est donc clair : pour l’ACNC, la reconstruction économique du territoire devra s’accompagner d’une réflexion sur l’ouverture de l’économie, la concurrence et la capacité des entreprises locales à se développer au-delà du seul marché intérieur.
Si l’ACNC continue de plaider pour une économie plus ouverte et plus concurrentielle, elle se heurte toutefois à une limite majeure : elle ne peut qu’émettre des avis. Reste à savoir si les responsables politiques choisiront, cette fois, de les traduire en actes.

