Face à un déficit de 9 milliards de francs du RUAMM, le gouvernement enclenche une réforme du système de santé. Objectif : maîtriser les dépenses sans remettre en cause l’accès aux soins, dans le cadre du redressement des finances publiques.
La Nouvelle-Calédonie s’attaque à l’un de ses postes de dépenses les plus sensibles : la santé. Le gouvernement a examiné un avant-projet de loi du pays qui s’inscrit dans le plan global de réformes budgétaires adopté par le Congrès en août 2025.
Dans le viseur : le déficit du régime unifié d’assurance maladie et maternité (RUAMM), estimé à 9 milliards de francs cette année. L’exécutif vise un retour à 5,8 milliards à l’horizon 2028.
Pour y parvenir, le texte pose les bases d’une série de mesures destinées à mieux encadrer les dépenses.
Parmi les principaux leviers, la mise en place d’une classification commune des actes médicaux doit permettre une tarification plus cohérente et une meilleure lisibilité des soins. En parallèle, une franchise sur les médicaments est envisagée, ainsi qu’un encadrement plus strict du remboursement des traitements les plus coûteux.
Le gouvernement souhaite aussi limiter le recours aux soins réalisés en Hexagone hors situations exceptionnelles, en favorisant une prise en charge locale lorsque cela est possible.
Autre piste : un contrôle renforcé des transports sanitaires non urgents, avec une évolution possible de la participation des assurés.
Le dispositif des longues maladies pourrait également évoluer, avec la suppression du protocole de soins obligatoire, afin de laisser davantage de souplesse au contrôle médical.
Côté organisation, la réforme prévoit la généralisation de la complémentaire santé pour tous les salariés et agents publics, avec une contribution des employeurs.
Un numéro calédonien de santé devrait aussi voir le jour. Il permettra un meilleur suivi des patients et une coordination renforcée des parcours de soins, dans un cadre strictement encadré.
Enfin, le texte entend moderniser la régulation du système. Il prévoit notamment d’élargir les conventions à de nombreuses professions de santé et d’imposer aux établissements des contrats pluriannuels avec le gouvernement pour mieux piloter leurs activités et leurs finances.
Ce projet de réforme marque une nouvelle étape dans la stratégie de redressement des comptes publics. Ses modalités concrètes devront encore être précisées, après concertation avec les professionnels du secteur.
