Le boycott par le FLNKS des discussions engagées à Paris n’est, hélas, une surprise pour personne. L’annonce de son absence à la réunion convoquée par le Président de la République à l’Élysée le 16 janvier prochain confirme une stratégie déjà bien connue : celle de la chaise vide.

Du côté des responsables politiques non-indépendantistes, les réactions n’ont pas tardé. Dans un communiqué diffusé depuis Paris, le député Nicolas Metzdorf estime que le FLNKS a fait depuis des années le choix du non-accord, préférant maintenir l’instabilité pour préserver un rapport de force politique. Il dénonce une situation où, malgré les refus répétés, certains continuent à courir après une participation devenue incertaine, alors que la Nouvelle-Calédonie ne peut plus se permettre l’immobilisme.

Virginie Ruffenach, présidente du groupe Rassemblement au Congrès, partage cette analyse. Elle considère que la politique de la chaise vide ne constitue ni un projet ni une posture responsable, mais une stratégie de blocage qui pénalise directement les Calédoniens, déjà durement frappés par la crise économique et sociale. Selon elle, l’État doit maintenir le cadre des discussions et avancer avec les forces politiques prêtes à travailler.

Calédonie ensemble a également réagi à l’annonce de l’absence du FLNKS à la réunion de l’Élysée. Dans une prise de position intitulée « Une nouvelle occasion ratée pour notre pays », le mouvement rappelle que cette décision n’est pas totalement surprenante, le FLNKS ayant rejeté l’accord de Bougival, alors même que la réunion devait constituer un simple point d’étape destiné à en apporter des clarifications. Pour autant, le parti juge cette absence regrettable et dommageable, estimant que le consensus ne peut se construire sans dialogue et que les blocages politiques successifs font payer au peuple calédonien un lourd tribut.
Le mouvement indique qu’il participera néanmoins aux travaux par la voix de Philippe Gomes et Philippe Dunoyer, de manière constructive mais lucide, rappelant que ces discussions ne régleront ni le boycott du FLNKS ni la question nationale de la majorité requise pour toute réforme constitutionnelle.

De son côté, l’Éveil océanien ne s’est, à ce stade, pas encore exprimé publiquement sur sa participation aux discussions, laissant en suspens sa position officielle à la veille de ce nouveau rendez-vous politique.

Les discussions à Paris auront donc bien lieu, dans un contexte politique toujours marqué par de fortes tensions et des positions divergentes. Reste à savoir si ce nouveau rendez-vous permettra d’esquisser des avancées concrètes pour l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.