Il y a quelques jours, les clients calédoniens et polynésiens de Revolut ont appris que leur compte allait être définitivement fermé. Pas de panne, pas de fraude, pas d’erreur individuelle. Juste une décision globale.

Motif invoqué par Revolut : »l’inéligibilité géographique des territoires concernés à son offre de services. » Traduction locale : ces territoires sont devenus trop compliqués à gérer pour une néobanque européenne qui aime les marchés simples, standardisés et rentables.

Très vite, la colère monte sur les réseaux Certains parlent de discrimination, d’autres évoquent des actions en justice, voire des recours devant le tribunal administratif. Sauf que Revolut n’est ni l’État ni un service public. C’est une entreprise privée, qui applique ses règles et qui, tant qu’elle rend l’argent à ses clients, reste dans le cadre légal.
Autrement dit, l’indignation est compréhensible, mais la croisade judiciaire ressemble surtout à un coup d’épée dans l’eau.

Le vrai sujet est ailleurs. Il tient en trois lettres : XPF.
Le franc Pacifique n’est pas l’euro. Il fonctionne avec ses propres règles, ses propres circuits, en dehors de la zone européenne classique. Pour une banque numérique conçue pour gérer des millions de comptes de manière standardisée, c’est compliqué. Trop de contraintes pour trop peu de clients. Trop loin, trop spécifiques juridiquement, pas assez rentables. Circulez.

Ce n’est pas une attaque personnelle. C’est un choix économique, froid et assumé. Le XPF ne rentre pas dans le moule européen ? On ferme et on passe à autre chose. Revolut ne part pas par idéologie. Elle fait ses comptes, clôture le service et continue sa route.

Et la promesse d’égalité d’accès aux services numériques, elle, reste soigneusement rangée dans le dossier « plus tard ».