Le moral remonte. L’indicateur du climat des affaires de l’IEOM a gagné 5,2 points au deuxième trimestre 2026, pour atteindre 105,6. Tombé à 65 après les émeutes de mai 2024, il dépasse désormais sa moyenne de longue période et retrouve son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2022.

Pour la première fois depuis quatre ans, les chefs d’entreprise sont plus nombreux à prévoir une hausse de leur activité qu’une baisse. Mais cette amélioration repose largement sur leurs attentes pour les prochains mois. La reprise reste progressive et 31 % des entreprises redoutent encore une défaillance dans l’année.

L’investissement ne suit pas. Les crédits aux entreprises ont reculé de 10,4 % sur un an, à 12,4 milliards de francs, loin de leur moyenne historique de 21,9 milliards. L’économie reste surtout très dépendante du soutien public. En 2025, les interventions de l’État ont dépassé 337 milliards, soit 35,5 % du PIB. Sans elles, souligne l’IEOM, la continuité des services publics n’aurait pas pu être assurée.

Quelques indicateurs repartent. L’emploi salarié privé a progressé de 2,2 % au premier trimestre, avec 1 181 postes supplémentaires. L’extraction minière a augmenté de 21,2 % sur un an et les ventes de ciment ont légèrement rebondi. Mais la production métallurgique recule toujours et le BTP reste à des niveaux historiquement faibles.

Les ménages restent fragiles. Les crédits à la consommation ont progressé de 27,6 % sur un an et les immatriculations de véhicules neufs de 55,3 %. Dans le même temps, les incidents de remboursement ont augmenté de 15,6 %.
L’IEOM a reçu 97 dossiers de surendettement en trois mois, soit près de 35 % de plus qu’un an auparavant.

Le tourisme reste à la peine. Le territoire a accueilli 31 104 touristes au premier semestre, contre 53 716 en 2023, soit une chute de 42,1 %. Le trafic sur les lignes aériennes intérieures a également reculé de 53,6 % au deuxième trimestre.

L’embellie est donc réelle. Mais l’investissement ne redémarre pas, les difficultés des ménages s’accentuent et de nombreux secteurs restent fragilisés. La reprise, elle, reste à confirmer.

Photo : drone.nc