Après la condamnation de l’État pour carence sécuritaire lors des émeutes de mai 2024, le député Nicolas Metzdorf clarifie les responsabilités. Il dénonce une lecture déformée du jugement, notamment par les partisans de la CCAT, et réclame des réparations plutôt que des prêts.

Le jugement du tribunal administratif de Nouméa, qui reconnaît que l’État n’a pas assuré un « niveau de sécurité raisonnable » face aux violences de mai dernier, constitue une victoire pour Allianz, à l’origine de plusieurs recours. D’autres procédures similaires seraient d’ailleurs en cours. Mais pour le député Nicolas Metzdorf, ce constat ne doit ni être mal interprété, ni servir d’alibi à ceux qui ont participé au chaos.

« Non, l’État n’a pas incendié les commerces. Non, il n’a pas pillé les entrepôts ni tiré sur des innocents », rappelle le député. « Ceux qui ont détruit le territoire, ce sont les émeutiers, encouragés par la CCAT et nourris par trente années de radicalisation indépendantiste. »

Selon lui, le jugement établit une carence dans la protection de la population, mais ne fait pas de l’État l’instigateur des violences. « C’est une nuance essentielle, que certains cherchent à effacer pour inverser les responsabilités. »

Une carence qui engage l’État à réparer

Pour Nicolas Metzdorf, la reconnaissance par la justice d’un manquement grave oblige désormais l’État à assumer ses responsabilités, non seulement politiques, mais aussi financières. Il juge « inacceptable » que Bercy propose des prêts à taux élevés pour financer la reconstruction du territoire.

« On ne traite pas ainsi des victimes. Ce n’est pas d’une aide sous condition dont nous avons besoin, mais d’une réparation claire et directe. Les promesses de subventions doivent être tenues. »

Le député insiste : la Nouvelle-Calédonie n’a pas à s’endetter pour réparer les conséquences d’une crise que l’État n’a pas su prévenir, et qu’elle n’a pas provoquée.

Ne pas faire payer les victimes

Dans cette crise, Nicolas Metzdorf estime que les non-indépendantistes sont les seuls à avoir respecté la loi, les institutions et les résultats des trois référendums. Leur seul tort, selon lui, a été de défendre la démocratie et l’égalité des droits.

« Il est hors de question que les Calédoniens paient aujourd’hui l’addition, par l’impôt ou la dette. Entre la violence des uns et la faiblesse des autres, nous refusons d’être les victimes supplémentaires. »