La Nouvelle-Zélande s’était fixé un objectif ambitieux avec le programme « Smokefree 2025 » : faire descendre la proportion de fumeurs quotidiens sous les 5 % et amorcer une génération quasiment sans tabac. Mais les derniers résultats de l’Enquête de santé 2024-2025, menée auprès de 9 253 personnes âgées de 15 ans et plus, montrent que le pays s’en éloigne.

La part d’adultes fumant quotidiennement reste bloquée à 6,8 % (environ 294 000 personnes), tandis que 8,3 % déclarent fumer au moins une fois par mois. Après une baisse continue depuis 2011-2012 le taux ne diminue plus depuis 2022-2023, une première depuis le lancement du suivi.

Le vapotage continue de gagner du terrain chez les plus jeunes, où il s’impose désormais comme une pratique bien installée. Dans les établissements scolaires, une part notable des élèves de fin de cycle secondaire déclare avoir vapoté récemment, signe d’une banalisation qui inquiète les professionnels de santé.

Les écarts entre groupes de population restent, eux aussi, très marqués. L’origine ethnique, le niveau de vie, l’âge ou encore le sexe influencent fortement la probabilité de fumer au quotidien. Les communautés maories et du Pacifique demeurent nettement plus touchées, tandis que les zones les plus favorisées affichent des taux beaucoup plus faibles. Les hommes restent également plus enclins au tabagisme que les femmes.

Dans l’ensemble, ces résultats confirment que le tabagisme et le vapotage ne reculent pas de manière homogène et qu’ils continuent d’accentuer les inégalités déjà présentes dans la société néo-zélandaise.

Pour les experts, ces signaux confirment que l’objectif « Smokefree 2025 » sera difficilement atteignable. La trajectoire s’est encore assombrie après l’abrogation des mesures prévues pour interdire la vente de cigarettes aux générations futures, réduire le nombre de détaillants et abaisser la teneur en nicotine des cigarettes.
Le gouvernement actuel mise plutôt sur le vapotage et le tabac chauffé comme alternatives, une orientation vivement contestée par les associations de santé.

Sans politiques plus ambitieuses, préviennent-elles, la Nouvelle-Zélande risque fort de renoncer à sa promesse d’une génération sans tabac.