Le Premier ministre a transmis aux élus calédoniens un projet de courrier, daté du 4 décembre présentant les engagements financiers que l’État pourrait prendre dans le pacte de refondation économique. Dans un message manuscrit, il précise toutefois que ces engagements ne seront confirmés que si le budget 2026 est adopté.

Ce pacte, issu des discussions de Bougival en juillet 2025, vise à répondre à la crise économique du territoire. L’État y propose un soutien important, en contre parti la Nouvelle-Calédonie doit engager les réformes nécessaires pour retrouver une situation financière stable.

Le projet de courrier détaille cinq axes d’intervention.

Le premier vise à renforcer l’attractivité économique en créant un ensemble de zones franches autour des principaux ports et aéroports, accompagnées d’un cadre fiscal simplifié. L’État prévoit également une exonération totale d’impôt sur les sociétés pour les petites et moyennes entreprises réalisant jusqu’à 4 millions d’euros de chiffre d’affaires, ainsi qu’un renforcement du micro-crédit destiné aux plus petites structures, notamment dans les îles et en tribus.

Un autre volet porte sur le soutien direct aux finances publiques du territoire. Dès 2026, un prêt garanti de 300 millions d’euros serait accordé aux collectivités, dont une part pouvant atteindre 100 millions d’euros pourrait être transformée en subvention si les réformes budgétaires annoncées sont effectivement mises en œuvre.
L’État s’engage également à apporter 300 millions d’euros supplémentaires sur la période 2027-2030.

À partir de 2030, son intervention financière serait limitée strictement à ses compétences.

L’ensemble de ces mesures représente un effort total évalué à 2,2 milliards d’euros sur cinq ans, sans compter le soutien éventuel au secteur du nickel, encore en négociation dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale.

Dans son message manuscrit, le Premier ministre souligne que le gouvernement est mobilisé mais renvoie clairement la responsabilité du calendrier aux élus calédoniens, indiquant que la signature du courrier ne pourra intervenir qu’après l’adoption du budget 2026. Cette condition place désormais le débat budgétaire au cœur de la concrétisation du pacte économique.