Maltraitance présumée, signalements ignorés, sentiment d’impunité… Une mère de famille témoigne anonymement après avoir retiré sa fille d’une crèche de Nouméa. Elle souhaite alerter aujourd’hui les autorités sur des dysfonctionnements qu’elle estime graves, et demande que la sécurité des enfants soit une priorité réelle, pas seulement affichée.
Lettre ouverte aux autorités compétentes de la petite enfance en Nouvelle-Calédonie
Je suis mère d’une petite fille de deux ans et demi. En 2023, j’ai pris la décision de la retirer de sa crèche, située à Nouméa, après avoir été confrontée à des faits que je considère comme relevant de la maltraitance. Une salariée de la structure aurait été mise en cause. D’après les informations dont je dispose, cette personne a été poursuivie puis condamnée par le tribunal correctionnel de Nouméa pour des violences sur mineurs.
Ce qui m’a le plus inquiétée, c’est ce que j’ai découvert ensuite : cette même salariée aurait déjà fait l’objet d’une plainte en 2019, dans une autre crèche, pour des faits similaires. Cette plainte aurait été classée sans suite. Un accident grave impliquant un nourrisson aurait également eu lieu dans cette structure un an auparavant.
Selon les informations portées à ma connaissance, la direction de la crèche où était inscrite ma fille aurait été informée des antécédents judiciaires de cette employée. Pourtant, elle aurait été maintenue à son poste.
Plus récemment, une collègue dont l’enfant était encore accueilli dans cette crèche a pris la même décision que moi : retirer son enfant. Elle m’a confié avoir constaté plusieurs manquements en matière de sécurité et de prise en charge.
“On nous a prises pour des mères trop exigeantes.”
Ensemble, nous avons contacté la DPASS, Direction provinciale de l’Action Sanitaire et Sociale.pour signaler nos inquiétudes. Leur réponse nous a semblé particulièrement légère, au regard de la gravité des faits évoqués.
Nous ne sommes pas seules. D’autres parents, par crainte ou par lassitude, n’osent pas s’exprimer publiquement. Mais un sentiment s’installe : celui que certains établissements échappent à un contrôle véritable. Et que des alertes sérieuses peuvent être ignorées ou minimisées.
Cette démarche n’a pas pour but de stigmatiser les professionnels de la petite enfance, dont beaucoup accomplissent leur mission avec dévouement. Mais nous voulons rappeler une chose essentielle : la sécurité et le bien-être des enfants doivent rester une priorité réelle, pas seulement affichée.
Nous demandons que les signalements soient entendus, que des contrôles soient menés, et que des mesures concrètes soient prises pour éviter que d’autres familles n’aient à traverser de telles situations.
Nos enfants méritent mieux que le silence.
