Alors que la Nouvelle-Calédonie continue de subir les effets profonds de la crise économique provoquée par les événements de 2024, la province Sud a dévoilé ce jeudi les grandes orientations de sa stratégie 2026. Un cap présenté comme « réaliste mais ambitieux », fondé sur un effort massif d’investissement public et de nouveaux dispositifs pour soutenir les entreprises, l’emploi et les familles.

Deux nouveaux leviers pour relancer l’économie

Le premier, Sud Relance, est un prêt bonifié de 9 à 36 millions de francs, sans garantie, mis en place avec Bpifrance pour permettre aux TPE-PME de reconstituer leur trésorerie ou d’investir. Pour chaque franc engagé par la province, jusqu’à 6,8 francs peuvent être mobilisés grâce au partenariat bancaire.

Le second dispositif, Sud Retour, vise à faciliter le retour des Calédoniens installés à l’étranger qui ont une promesse d’embauche. La province prend en charge 120 000 francs pour le billet retour du salarié et 60 000 francs pour chacun des membres de sa famille, afin de répondre aux pénuries de main-d’œuvre dans certains métiers.

Un budget 2026 fortement orienté vers l’investissement

50,1 milliards de francs, dont 10,4 milliards dédiés à l’investissement, en hausse de 15 %. Priorité est donnée aux infrastructures essentielles : routes, habitat, collèges publics, soutien aux communes et à l’investissement privé.

Les dépenses de fonctionnement sont contenues (-6 %), permettant de maintenir une épargne brute indispensable au remboursement de la dette et à la poursuite des projets structurants 

Habitat, agriculture, éducation : des politiques sectorielles réorientées

La révision du Code des aides à l’habitat marque un tournant : l’AFAPS, l’Aide Financière à l’Accession à la Propriété en province Sud, est désormais ouverte à l’achat dans l’ancien sous condition de rénovation. La province revalorise aussi les aides pour les logements neufs et ajuste les plafonds de ressources afin d’aider davantage les familles, dans un contexte où la crise immobilière a fragilisé ménages et acteurs du BTP.

Dans le secteur agricole, plusieurs ajustements du DISPPAP visent à sécuriser trésorerie, accès au foncier et modernisation des exploitations, tout en intégrant la possibilité de mobiliser des aides exceptionnelles en cas de dégradations liées aux troubles sociaux de 2024.

Côté éducation, la province mise sur la formation continue des enseignants et sur l’amplification de l’enseignement de l’anglais, en partenariat avec le gouvernement et le vice-rectorat.
Une expérimentation de nouvelles méthodes d’apprentissage de la lecture a déjà débuté dans dix classes de CP.

Enfin, le dispositif culturel Micro-Folie, porté nationalement par La Villette, sera déployé pour faciliter l’accès de tous à un musée numérique et à des espaces de création, avec une collection dédiée à la Nouvelle-Calédonie en préparation.

En concentrant 54 % de son budget sur l’enseignement, la santé et la protection sociale, l’exécutif affirme vouloir maintenir l’humain au cœur de la reconstruction. « Chaque franc investi doit avoir un impact réel sur la vie quotidienne », rappelle la province dans son dossier de présentation.

La prochaine étape se jouera au Congrès, qui devra adopter le budget de répartition de la Nouvelle-Calédonie, condition nécessaire à la pleine mise en œuvre de la stratégie provinciale.