Les ados de la province Sud vont mal et ils le disent. L’étude BDMC 2025 montre un bond spectaculaire du mal-être et des conduites à risque. Pourtant, le sport et les activités collectives progressent. Une jeunesse qui cherche des repères.
La province Sud a présenté les résultats 2025 de l’enquête « Bien dans mes claquettes », réalisée auprès de 2 323 collégiens de 3e, âgés pour la plupart de 14 à 15 ans. Avec un taux de participation de 85 %, en hausse de trois points par rapport à 2022, ce baromètre permet de mesurer l’évolution du quotidien, du bien-être et des comportements des jeunes calédoniens.
Les résultats montrent une progression nette des signes de fragilité psychologique.
63 % des élèves disent ressentir de l’angoisse lorsqu’ils pensent à leur avenir, et 30 % déclarent avoir déjà eu envie de se faire du mal.
Dans le même temps, la demande d’aide auprès de la famille baisse fortement, passant de 71 % à 38 %. Des chiffres qui interrogent la qualité du dialogue familial et la capacité d’accompagnement des adultes.
Cette fragilité s’inscrit dans un contexte où les écrans prennent une place dominante dans la vie quotidienne des adolescents.
71 % passent plus de quatre heures par jour devant un écran les jours d’école, et 79 % les jours sans école. Le contrôle parental recule, de même que la communication sur les risques liés au numérique.
Autre indicateur préoccupant : la consommation d’alcool et de cigarette électronique progresse.
60 % des jeunes déclarent avoir consommé de l’alcool au cours des 30 derniers jours, contre 51 % en 2022. Le vapotage passe de 24 % à 32 %, et le cannabis de 10 % à 14 %. La majorité des usages se déroulent à l’extérieur du collège, mais également dans le cadre familial ou lors d’événements festifs.
La question des violences demeure également sensible.
Près d’un jeune sur deux dit avoir été victime de violences verbales, et 22 % de cyberviolences. Les actes de délinquance déclarés restent présents, avec des niveaux proches de 2022.
À côté de ces constats, des signaux positifs apparaissent.
La participation aux activités du collège augmente fortement, passant de 27 % à 39 %. La pratique sportive progresse aussi : 47 % des jeunes déclarent faire une activité physique régulière, contre 40 % en 2022.
Les sports collectifs, la musculation et les sports de combat arrivent en tête des souhaits exprimés. Les activités artistiques et culturelles restent stables autour de 23 %.
L’étude met également en lumière des écarts marqués entre filles et garçons, notamment concernant la santé mentale, l’estime de soi et le sentiment de sécurité, confirmant la nécessité d’une approche différenciée selon les publics.
Face à ces enjeux, la Province Sud propose plusieurs axes de travail : renforcer les dispositifs d’écoute et de soutien psychologique, accompagner l’usage responsable du numérique, élargir l’offre d’activités sportives et culturelles et agir contre les inégalités sociales et territoriales.
Une photographie contrastée donc, qui rappelle que la jeunesse calédonienne a besoin d’être entendue, encadrée et valorisée. Derrière les statistiques, c’est la question de la projection dans l’avenir qui se pose : comment permettre à chaque jeune de trouver sa place, ses repères et retrouver son équilibre.
