C’est devenu un rendez-vous symbolique, mais toujours amer. Selon la newsletter féministe Les Glorieuses, les femmes en France commencent à travailler “gratuitement” à partir de ce lundi 10 novembre à 11h31, en raison des inégalités salariales persistantes.
C’est un rappel qui revient chaque automne, comme un baromètre des inégalités. Selon la lettre d’information féministe Les Glorieuses, les femmes en France ont commencé à travailler “gratuitement” à partir de ce lundi 10 novembre à 11h31, en raison des écarts salariaux toujours présents entre les sexes.
Ce calcul, repose sur les données 2023 de l’Insee : à temps de travail équivalent, les femmes perçoivent en moyenne 14,2 % de moins que les hommes. Autrement dit, sur l’année entière, cela revient à 52 jours de travail non rémunérés.
Depuis 2016, l’écart s’est légèrement réduit (15,1 % à 14,2 %), mais la progression reste lente.
« À ce rythme, l’égalité salariale ne serait atteinte qu’en 2167 », estime Rebecca Amsellem, fondatrice de Les Glorieuses.
L’organisation plaide pour revaloriser les métiers où les femmes sont majoritaires (éducation, santé, social), pour un congé post-naissance identique pour les deux parents, et pour une transparence salariale renforcée, qui doit devenir obligatoire avec la transposition d’une directive européenne en 2026.
Et en Nouvelle-Calédonie ?
Les écarts sont un peu moins marqués qu’en métropole, mais ils restent bien réels. D’après les chiffres de l’ISEE, les femmes calédoniennes perçoivent en moyenne 10 à 12 % de moins que les hommes à temps de travail équivalent.
En appliquant la même méthode que Les Glorieuses, cela correspond à une date symbolique située autour du 18 novembre à midi : à partir de ce moment-là, les Calédoniennes travailleraient, elles aussi, “gratuitement” jusqu’à la fin de l’année.
Pourtant, elles sont plus diplômées que les hommes dans la plupart des tranches d’âge. Mais elles restent moins nombreuses dans les postes de direction, et davantage employées dans les secteurs publics ou sociaux, souvent moins rémunérateurs.
Un repère purement indicatif, qui illustre toutefois une réalité bien connue : l’égalité salariale reste à construire, y compris sur le Caillou.

