Vendredi 7 novembre 2025, une convention a été signée au vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie : Houaïlou devient la première commune du territoire à expérimenter le dispositif Territoire Éducatif Rural (TER). Ce projet pilote, prévu sur trois ans, réunit institutions, collectivités, coutumiers, enseignants, associations et familles autour d’un même objectif : offrir à la jeunesse de la côte Est les meilleures chances de réussite.

À Houaïlou, la situation éducative est alarmante. Près de 90 % des élèves rencontrent des difficultés en mathématiques à leur entrée en 6e et plus de 70 % peinent en français. Une étude ancienne estimait même que seuls 10 % des enfants de la commune parvenaient jusqu’au baccalauréat. Ces chiffres illustrent les défis liés à l’éloignement, à la mobilité et aux fragilités économiques de ce territoire rural.

Le dispositif TER, déjà expérimenté en métropole, vise justement à réduire ces inégalités entre territoires. Il encourage la coopération entre les acteurs locaux pour trouver des solutions concrètes adaptées aux réalités du terrain. À Houaïlou, il s’agira de penser l’éducation dans son ensemble : l’école bien sûr, mais aussi la santé, la formation, le suivi social, l’orientation et l’insertion professionnelle.

Pour le maire Pascal Sawa,

cette démarche est aussi un retour aux sources. « Houaïlou a toujours été un lieu fort de l’éducation en milieu rural, avec Do Neva, le pasteur Leenhardt, puis la Felp à Nédivin. On a été le fer de lance de l’instruction pour les Kanak. Aujourd’hui, il faut retrouver cette ambition. »

La réussite de ce projet repose sur la mobilisation de tous. Institutions, coutumiers, enseignants, associations et acteurs économiques unissent leurs forces pour créer un environnement propice à la réussite, où chaque enfant puisse apprendre, grandir et construire son avenir.

Le vice-recteur Didier Vin-Datiche rappelle que

La santé joue un rôle essentiel dans les apprentissages : « Si un enfant a des problèmes de vue ou des douleurs, il ne peut pas suivre correctement. Il faut pouvoir dépister, diagnostiquer et orienter. »

Autre enjeu majeur : fidéliser les enseignants. Aujourd’hui, moins d’un sur deux reste plus de deux ans à Houaïlou. Le dispositif doit permettre de stabiliser les équipes et d’offrir un suivi éducatif durable.

Avec ce projet, Houaïlou espère renouer avec sa vocation éducative, redonner confiance à sa jeunesse et faire de l’école un véritable levier de développement local. Un pari collectif, mais aussi une promesse d’avenir pour tout un territoire.