Les acteurs du secteur du BTP calédonien ont découvert récemment, avec incompréhension, qu’un opérateur pétrolier a choisi d’importer une station-service modulaire depuis la Chine pour remplacer une installation détruite lors des émeutes de mai 2024. Une décision lourde de sens, qui écarte de fait les entreprises locales d’un chantier qu’elles sont pourtant pleinement capables d’assumer.
Dans un communiqué, la Fédération Calédonienne du BTP (FCBTP) dénonce un « message préoccupant » :
Dans une période où l’économie calédonienne est déjà très fragilisée, certains grands donneurs d’ordre continuent de faire appel à des solutions extérieures, sans mesurer les conséquences sociales et économiques d’un tel choix. « Le savoir-faire est ici. Il attend d’être mobilisé. »
Les entreprises calédoniennes disposent des compétences, de l’expérience et de la réactivité nécessaires pour contribuer activement à la reconstruction. Elles sont prêtes à intervenir, avec des équipes qualifiées et un ancrage local fort. Les exclure revient à nier leur rôle dans la relance économique du territoire.
La FCBTP alerte aussi sur le danger de voir « la construction modulaire importée devenir une solution de référence, sous prétexte de rapidité ». Ce serait, selon elle, un contresens économique et social. « Elle répond peut-être à une logique de court terme, mais elle fait l’impasse sur les conséquences à long terme pour l’emploi, l’économie et la cohésion du territoire. »
Un appel à la responsabilité collective
La Fédération interpelle directement les grands donneurs d’ordre, publics comme privés, et les appelle à faire des choix cohérents avec les besoins du pays. « Les décisions de reconstruction doivent être l’occasion de renforcer notre tissu économique, pas de le fragiliser davantage. »
Les opérateurs majeurs ont, dans ce contexte, une responsabilité exemplaire. Reconstruire, oui. Mais pas n’importe comment. « Reconstruire avec ceux qui vivent ici, travaillent ici, et veulent bâtir l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. »

