Le procureur a exposé cet après-midi, le bilan des premières suites judiciaires données aux crimes et délits commis lors des graves troubles à l’ordre public survenus sur le territoire depuis le 12 mai 2024.
Dans ces moments graves pour le territoire, je tiens tout d’abord à souligner que l’institution judiciaire remplit pleinement ses missions, en se concentrant bien naturellement, sur l’activité pénale
Bilan des suites judiciaires
Depuis le 12 mai, la Nouvelle-Calédonie connait des troubles graves à l’ordre public, particulièrement à Nouméa et ses environs. Malgré ces perturbations, l’institution judiciaire a assuré ses missions pénales avec détermination. Magistrats, fonctionnaires et avocats ont continué de travailler, suivant un plan de continuation d’activité adapté aux circonstances.
Adaptations et actions judiciaires
Pour faire face à la situation, le tribunal de première instance a dû s’adapter significativement. Le parquet a renforcé la permanence pénale, organisé des audiences supplémentaires de comparution immédiate et intensifié l’utilisation de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Les forces de l’ordre ont déploré la perte de deux gendarmes et de quatre civils, avec de nombreux blessés parmi les agents. Les violences n’ont pas impliqué l’usage d’armes par les forces de l’ordre contre les victimes civiles. Les dégâts matériels sont considérables, incluant des bâtiments publics, des équipements sociaux, des commerces et des résidences privées, causant un préjudice économique majeur.
Interventions policières et judiciaires :
Entre le 12 et le 20 mai 2024, les forces de l’ordre ont placé 216 personnes en garde à vue, dont 144 pour des atteintes aux biens, 25 pour violences contre des agents publics, et 46 pour des atteintes aux personnes. Parmi elles, 31 ont été déférées au parquet, aboutissant à 11 incarcérations.
Enquêtes ouvertes sur les décès
– Une enquête pour assassinat a été ouverte suite à la mort d’un gendarme le 15 mai à Plum. Touché par un projectile à la tête alors qu’il se trouvait dans un véhicule, le gendarme a succombé à ses blessures.
– Une autre enquête pour homicide involontaire concerne le décès accidentel d’un gendarme le 16 mai au Mont-Dore, transférée au parquet de Paris.
– Le 15 mai, dans le quartier de Tindu , un jeune homme a été tué par balle lors d’un blocage. Trois personnes ont été mises en examen pour meurtre et placées sous surveillance électronique.
– Le même jour, à Ducos, le gérant d’une société a tué deux personnes qu’il a trouvées en train de voler dans son entrepôt ; il a été mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire.
– À Kaala-Gomen, le 18 mai, un homme a été tué lors d’un échange de tirs après avoir tenté de forcer un barrage de manifestants. L’enquête est en cours sans interpellation à ce stade.
Mesures et renforts pour rétablir l’ordre :
L’action judiciaire est essentielle pour restaurer l’ordre républicain. Le parquet, en collaboration avec les services de police et de gendarmerie, intensifie ses efforts pour identifier et poursuivre tous les auteurs de crimes et délits. Une soixantaine d’officiers de police judiciaire de métropole viennent en renfort pour soutenir ces investigations.
Le parquet de Nouméa a ouvert une enquête contre les responsables présumés des exactions, notamment les dirigeants de la CCAT, pour association de malfaiteurs, participation à des groupements violents, vols en bande organisée, et complicité de meurtre.
Les forces de l’ordre continuent de faire face à une extrême hostilité, avec des tirs de snipers équipés de « désignateurs laser ». Il est rappelé que la tentative de meurtre sur un gendarme ou un policier est passible de la réclusion à perpétuité.
