Trop désabusés pour se révolter contre la vie chère

Fauchés, fatigués, exaspérés les Calédoniens vont-ils accepter cette situation encore longtemps ?

En 2013, 35 000 calédoniens manifestaient dans les rues de Nouméa, de Koné et à Lifou pour dire « stop à la vie chère » et exiger des mesures rapides et efficaces. Depuis, plus de son et plus d’image et la vie chère, très chère trace son sillon.

Pourtant la situation est grave

Désormais chacun se plaint et râle de son coté, les associations tentent de mobiliser les calédoniens en vain, les rassemblements qui voient le jour regroupent au mieux 2 000 personnes,  les groupes Facebook se multiplient, dénoncent, lancent des initiatives qui ne rencontrent leur public que sur les réseaux sociaux.

Pourtant la situation est grave, le montant d’un charriot de course raisonnable au supermarché frôle les 30 000 francs avec des produits bas de gamme, des fruits et légumes chers et souvent pourris, des marques de distributeurs vendus à prix d’or, des produits achetés par dépit plutôt que par envie.

Les rayons des grandes surface sont vides, quand on s’en plaint ou s’en étonne les responsables répondent par mail « que les ruptures, subis actuellement sont dues de fortes perturbations du fret maritime. Les navires sont surbookés et en retards perpétuels. Des escales dans certains ports sont annulées et nos containers arrivent en Nouvelle-Calédonie avec beaucoup de retards. »

Les prix sont parfois multipliés par 2 ou 3 d’une enseigne à une autre, d’un jour à l’autre et au prix de l’essence difficile de faire plusieurs commerces avant d’acheter. Le site internet du gouvernement « Prix.nc » pourrait être un outil intéressant s’il était à jour

En face, le gouvernement fait la sourde oreille, brasse de l’air, fixe une liste de 60 produits à prix plafonds, que personne ne veut acheter, met en place des boucliers qualité prix (BQP) pour le poisson, la viande ou les légumes, que les commerçants utilisent pour passer leurs invendus, et qu’on ne donnerait même pas à nos animaux.

Les salaires n’augmentent pas ils sont juste revalorisés en raison de l’inflation. Le SMG est passé de 153 861 francs en 2017 → à 161 503 après trois revalorisation en 2022. Non, non ce n’est pas une blague

Les carburants, bien qu’en pause, ont battu des records, les factures des assurances, de l’eau, de l’électricité, des abonnements divers et variés flambent.

La classe dite moyenne désormais concernée

Toutes ces augmentations, parfois nécessaires mais souvent inconsidérées touchent désormais la classe moyenne qui à son tour est entrainée dans ce cycle infernal de la vie chère et doit se priver ou diminuer fortement ce qui apportait un petit plus à la vie quotidienne.

Les restaurants ou autres lieux de loisirs sont devenus infréquentables en raison des prix pratiqués. Bien sûr, comme tout le monde ils accusent le coût du fret, de la guerre en Ukraine, mais franchement une bouteille de piquette vendue à 6 000 francs dans un restau, un verre de bière pression « locale » à 800 francs, pour profiter du sunset, une nuit dépaysante dans un hôtel sur pilotis entre 44 et 61 000 francs est ce bien raisonnable ? On fera l’impasse sur ce que peut couter une après midi shopping…

Pour la 1ère fois, la baisse du pouvoir d’achat est telle qu’elle met à mal la légendaire générosité des calédoniens et frappe de plein fouet les grandes collectes sociales de fin de l’année

Et pendant ce temps là… les fêtes approchent, les gens aisés vont quitter le territoire pour les passer au frais, et profiter de tout ce que peuvent offrir les capitales du monde pendant cette période féerique
Les petits salaires vont sans doute une fois encore s’endetter pour offrir un Noel à leur famille et des cadeaux à leurs enfants, dépenser l’argent qu’ils n’ont pas. Et après….

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