L’économie calédonienne en quête de stabilité

IEOM

L’IEOM a rendu publique sa note d’analyse conjoncturelle pour le 1er trimestre 2021 et présente « L’économie calédonienne en quête de stabilité après un début d’année sous tensions »

Malgré un nouveau confinement strict de la population au mois de mars, l’indicateur du climat des affaires (ICA), qui résume l’opinion des chefs d’entreprises interrogés sur la conjoncture, remonte de 6,2 points au 1er trimestre 2021.
Cette hausse est toutefois à relativiser et à mettre en perspective avec la chute du trimestre précédent où les tensions liées au conflit sur la reprise de l’usine du Sud avaient lourdement affecté le moral des chefs d’entreprises.

La situation du trimestre écoulé ressort dégradée, ce qui reflète un contexte effectivement particulièrement difficile.

Confinement, usine du sud, démission du gouvernement

Un confinement strict de la population (4 semaines) qui aurait induit une perte de chiffre d’affaires de 22 % (en moyenne, d’après l’enquête IEOM) ; des intempéries ; un arrêt forcé de l’usine du Sud qui s’est accompagné de la mise au chômage partiel des salariés et sous-traitants et d’un écroulement de la production et des exportations de nickel sur le trimestre ; et la démission du 16ème gouvernement (début février), suivi d’une absence d’accord concernant l’élection du nouveau président.

30% des entreprise craignent une défaillance dans les 12 prochains mois

Par ailleurs, les entreprises font état d’une nette détérioration de leur trésorerie et des délais de paiements, ce qui dans la durée, pourrait compromettre leur pérennité. 30 % d’entre elles déclarent craindre une défaillance dans les 12 mois. Dans le même temps, leur perspective d’investissement pour les mois à venir sont en bernes.

La remontée de l’ICA reflète donc essentiellement l’anticipation d’une amélioration pour le second trimestre (5,6 points sur la hausse de 6,2), qui s’appuie sur la sortie du confinement interne et sur la signature d’un accord pour la reprise de l’usine du Sud.

La poursuite de cette amélioration, à ce stade plutôt technique, pourrait être soutenue par le lancement du projet LUCY de l’usine du Sud (budget de 30 à 35 milliards XPF jusqu’à fin 2023).

En revanche, la perspective du 3ème référendum (suite à la demande des partis indépendantistes dès avril dernier), dont la date a été fixée par l’Etat au 12 décembre 2021, et l’absence d’un gouvernement de plein exercice constituent des freins à la visibilité et à la confiance des acteurs économiques.

Compte tenu des évolutions dégradées du T1 2021, les chefs d’entreprises ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance de chiffre d’affaires pour 2021, passant de quasiment stable à -6 % en moyenne, les divergences par secteurs étant particulièrement importantes.

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