Païta, le meurtrier présumé voulait se venger

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Parce qu’il avait appris que sa sœur était importunée et insultée par la victime depuis plusieurs jours, le mis en cause voulait se venger… 

Concernant la mort du jeune garçon tué lundi soir devant chez lui, à Païta, le procureur de la République Yves Dupas a annoncé, ce jeudi, que « l’examen de corps réalisé par un médecin légiste a mis en évidence la présence de cinq lésions compatibles avec un instrument coupant, à savoir trois blessures plutôt superficielles au niveau du bras gauche, une lésion plus conséquente dans la zone de l’aisselle gauche et une plaie perforante au niveau du thorax ayant atteint le cœur».

L’enquête très vite orientée en direction de quatre jeunes du quartier, mineurs également 

Les constatations faites sur la scène de crime et l’exploitation des premiers témoignages ont permis rapidement d’orienter l’enquête en direction de quatre jeunes du quartier, mineurs également âgés de 16 à 17 ans, qui ont pu être placés en garde à vue dès mardi

En début de soirée, il décide alors d’aller corriger le jeune de 15 ans, en étant accompagné de son frère, d’un cousin ainsi que d’un ami, en s’étant emparé d’un couteau de cuisine.
Alors que la victime se trouve assise devant leur immeuble , en train de discuter avec un ami, les quatre mis en cause surgissent et portent des coups de pied et de poings sur la victime et son ami . La victime tente de s’échapper, mais elle est rattrapée entre deux véhicules par les deux frères qui lui portent de nouveau des coups, la conduisant aussi à répliquer par des coups réciproques . Alors qu’elle tente de partir, elle est alors repoussée par un autre mis en cause vers le groupe .
Selon plusieurs témoins, c’est lors de cette ultime scène que l’auteur principal porte au moins deux coups de couteau en direction de la victime.
Les quatre mis en cause quittent les lieux, le couteau qui constitue l’arme du crime étant jeté dans la végétation par l’un des mis en cause .

Le mis en cause voulait seulement faire mal, pas donner la mort

Lors de leurs auditions, les mis en cause reconnaissent leur intention d’en découdre avec la victime. L’auteur principal admet avoir porté les coups avec le couteau mais « sans avoir voulu lui donner la mort, il voulait lui faire mal, sans le piquer ». Les deux autres mis en cause reconnaissent les violences sur l’ ami de la victime, lors de la scène initiale. Le quatrième mis en cause prétend n’ avoir fait que repousser la victime .

Qualification d’homicide volontaire

Le parquet a retenu la qualification d’homicide volontaire en raison du mode opératoire utilisé consistant dans l’usage d’un instrument particulièrement dangereux (un couteau), au moyen de plusieurs coups portés dont au moins un coup, dans une zone vitale du corps au cours d’une action concertée de violence dirigée à l’encontre de la victime.

⇒ Pour l’auteur principal, ont été visés dans le réquisitoire introductif : les infractions d’homicide volontaire sur la victime principale et de violences volontaires commises en réunion sur l’ami de la victime.
⇒ Pour les trois mis en cause , le parquet a retenu l’infraction de complicité d’homicide volontaire par aide ou assistance, précisément en frappant ou en repoussant la victime pour l’affaiblir et l’empêcher de fuir, ainsi qu’en frappant l’ami de la victime pour l’empêcher de venir en aide à la victime principale et le délit de violences volontaires commises en réunion sur l’ami de la victime .

⇒ Pour le frère de l’auteur principal, le parquet a relevé le délit de modification ou destruction de preuves, par la dissimulation dans la végétation de l’arme du crime .

A cette heure, le magistrat instructeur procède aux premiers interrogatoires de première comparution.

Le parquet de Nouméa a ouvert une information judiciaire des chefs d’homicide volontaire, de violences volontaires suivies d’une incapacité totale de travail n’excédant pas 8 jours en réunion et de destruction ou modification des preuves d’un crime ou d’un délit. Il a requis le placement en détention provisoire pour les quatre mineurs « au vu de l’extrême gravité des faits reprochés ».