Pour reprendre son activité, encore faut-il pouvoir s’assurer, financer les travaux et tenir sans recettes. Le rapport d’activité 2025 de la Chambre de commerce et d’industrie de Nouvelle-Calédonie (CCI-NC) revient sur ce qui a freiné la reconstruction après les émeutes de mai 2024.

En février 2025, sur plus de 500 entreprises interrogées par la CCI et Quidnovi, 83 % déclaraient un chiffre d’affaires en baisse et plus d’un quart étaient sans activité. Seules 15 % se disaient prêtes à reconstruire.

La Chambre a réclamé le retour de la garantie émeutes dans les contrats d’assurance, davantage de temps pour reconstruire et une prolongation de la couverture des pertes d’exploitation. Elle a aussi piloté le Guichet de la reconstruction pour épauler les entreprises sinistrées dans leurs démarches, de la démolition aux travaux.

Des entreprises se lancent, d’autres arrêtent

Le Centre de formalités a enregistré 975 créations d’entreprises en 2025, une cinquantaine de moins qu’en 2024. Plus de huit sur dix concernent les services. Dans le même temps, 923 radiations ont été enregistrées.

La CCI dit avoir accompagné plus de 3 600 personnes, qu’il s’agisse de monter une entreprise, de la transmettre ou de chercher des débouchés à l’export. La formation a aussi pris de l’ampleur. Près de 3 700 chefs d’entreprise et salariés ont suivi une formation, soit 68 % de plus qu’en 2024.

Les paquebots reviennent, le trafic aérien reste bas

La gare maritime de Nouméa a accueilli près de 245 000 croisiéristes, en hausse de 28 % sur un an. La fréquentation reste toutefois près de 30 % sous celle de 2023. Sur le réseau aérien domestique, Magenta et Lifou-Wanaham ont accueilli environ deux fois moins de passagers qu’en 2023. À La Tontouta, le recul atteint 23 %.

C’est pourtant à La Tontouta que les travaux ont commencé dès juillet 2025 pour préparer l’arrivée des vols d’Air Calédonie. Le rapport chiffre ces aménagements à près de 200 millions de francs sur deux ans. Fin décembre, la concession de l’aéroport à la CCI a par ailleurs été prolongée de quatre ans.

L’aéroport international boucle 2025 avec une perte de fonctionnement de 251 millions de francs et un déficit budgétaire de 411 millions. Magenta termine à l’équilibre en fonctionnement, tandis que Nouméa et les agences dégagent un excédent de 90 millions. La Chambre précise qu’une partie de ses financements de 2025 reposait encore sur l’activité des entreprises en 2023, avant les émeutes.

Le rapport de la CCI dresse le bilan de 2025. Pour la suite, la question est très concrète : les entreprises qui ont tenu jusque-là peuvent-elles de nouveau se permettre d’embaucher ou d’investir ?