Des emplois en plus, des achats qui repartent et davantage de touristes : au deuxième trimestre 2026, l’économie calédonienne montre des signes de reprise. Mais la dernière note de l’ISEE souligne des difficultés persistantes pour les ménages et plusieurs secteurs d’activité.

L’économie calédonienne retrouve un peu de souffle. L’emploi privé se redresse, la consommation repart et les entreprises enregistrent moins de fermetures. Cette amélioration reste toutefois insuffisante pour effacer les difficultés accumulées depuis 2024.

L’emploi retrouve une dynamique positive

Selon les données provisoires de l’ISEE, le secteur privé gagne près de 700 emplois sur un an. Une fois les variations saisonnières prises en compte, les effectifs progressent pour le troisième trimestre consécutif.

Une partie des entreprises reste néanmoins en difficulté. Plus de 2 700 salariés sont encore potentiellement concernés par l’allocation exceptionnelle de maintien dans l’emploi.

Le nombre de chômeurs indemnisés diminue également. Une évolution à interpréter avec prudence : elle peut traduire des reprises d’emploi, mais aussi des fins de droits.

Du côté des entreprises, les créations ralentissent légèrement, mais les radiations et les liquidations judiciaires reculent. L’investissement montre lui aussi des signes d’amélioration, avec une légère progression des nouveaux crédits accordés.

Les achats repartent, les budgets restent serrés

Les ventes de véhicules neufs et les transactions immobilières augmentent nettement. Les crédits à la consommation progressent également, signe d’une reprise des achats.

Tous les foyers ne retrouvent pas pour autant une situation confortable. Le recours aux découverts bancaires augmente et le montant des prêts dont le remboursement est incertain reste élevé.

L’inflation s’établit à 0,9 % sur un an en juin, mais cette hausse modérée masque des écarts importants. Les prix alimentaires diminuent légèrement, tandis que ceux de l’énergie bondissent de près de 20 %. Une hausse qui continue de peser sur les budgets.

Nickel et bâtiment encore convalescents

Dans le nickel, l’activité minière se redresse, mais la production métallurgique reste en retrait. L’emploi se stabilise à un niveau nettement inférieur à celui d’avant-crise : la filière a perdu plus d’un quart de ses effectifs depuis le début de 2024.

Le bâtiment présente lui aussi un bilan contrasté. Les ventes de ciment et les nouveaux crédits immobiliers augmentent, sans entraîner pour l’instant de reprise de l’emploi. Les effectifs restent bien en dessous de leur niveau du début de 2024.

Le tourisme progresse, les liaisons intérieures décrochent

La fréquentation touristique augmente de 36,7 % sur un an. La Nouvelle-Calédonie accueille également davantage de croisiéristes, une évolution encourageante pour le secteur.

À l’inverse, le trafic aérien intérieur chute de près de 68 %. Les perturbations de la desserte domestique continuent de freiner les déplacements.

Le commerce extérieur reste également déséquilibré. Les exportations progressent, mais moins vite que les importations, soutenues notamment par les achats d’équipements et de matières premières pour l’industrie. Le déficit commercial se creuse ainsi pour atteindre 29,7 milliards de francs sur le trimestre.

La reprise se dessine donc, mais reste inégale. Pour une partie des entreprises et des ménages, ses effets concrets se font encore attendre.