Les banques renforcent leurs systèmes de sécurité, mais les fraudeurs s’adaptent. Plutôt que de pirater directement les comptes, ils manipulent désormais leurs victimes pour qu’elles valident elles-mêmes un paiement ou un virement.
Selon le dernier rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement,
Ces escroqueries ont représenté 516 millions d’euros en 2025, soit près de 62 milliards de francs. Un bond de 34 % en un an. Elles concentrent désormais plus de 40 % du montant total de la fraude aux moyens de paiement en France. Et si le nombre d’opérations frauduleuses diminue, leur coût, lui, continue d’augmenter.
Le scénario le plus fréquent reste celui du faux conseiller bancaire. L’escroc appelle sa victime en connaissant parfois son nom, sa banque ou certaines informations personnelles. Il signale une opération suspecte et demande de la valider dans l’application bancaire, prétendument pour la bloquer. En réalité, cette confirmation autorise le transfert d’argent.
Faux conseiller, faux créancier, changement frauduleux de RIB ou message alarmant : la méthode varie, mais le principe reste le même. Créer un sentiment d’urgence, mettre la victime en confiance et l’empêcher de réfléchir.
Les nombreuses fuites de données facilitent ces arnaques. Plus l’escroc possède d’informations personnelles, plus son discours paraît crédible. Un numéro de téléphone usurpé ou un message contenant le nom de la banque suffit parfois à faire tomber la méfiance.
Cette mécanique rejoint celle du « SIM swapping », évoquée récemment. Les fraudeurs utilisent alors les informations recueillies pour prendre le contrôle du numéro de téléphone de leur victime et recevoir à sa place les codes de sécurité envoyés par SMS.
Contrairement aux idées reçues, les personnes âgées ne sont pas les seules visées. Les jeunes adultes figurent également parmi les principales victimes. Personne n’est véritablement à l’abri d’un appel crédible au mauvais moment.
La règle reste simple : un conseiller bancaire ne demande jamais de communiquer un code confidentiel ni de valider une opération pour en annuler une autre. En cas de doute, raccrochez et contactez directement votre banque par son numéro habituel.

