L’État et la Nouvelle-Calédonie vont ouvrir des négociations pour encadrer leurs relations financières jusqu’en 2031. L’annonce a été faite par la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, et le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, à l’issue des échanges avec la délégation transpartisane calédonienne. Attendu avant la fin de l’année, ce contrat doit offrir au territoire une visibilité budgétaire sur plusieurs années.

Depuis 2024, Paris multiplie les aides exceptionnelles pour éviter l’asphyxie financière. Il s’agit désormais de sortir de l’urgence et de remplacer les soutiens accordés au coup par coup par un cadre plus stable.

Assurer la transition vers 2027. D’ici décembre, le territoire doit recevoir environ 13,7 milliards de francs correspondant au solde du prêt garanti par l’État, ainsi qu’une subvention de près de 7,2 milliards. Une enveloppe supplémentaire de 1,3 milliard est prévue pour couvrir les derniers besoins de 2026.

Paris promet également près de 6 milliards de francs pour commencer l’année 2027, auxquels s’ajouterait un soutien compris entre 48 et 55 milliards, principalement sous forme de subventions. Au total, l’aide pourrait donc atteindre entre 54 et 61 milliards de francs l’année prochaine. Ces crédits devront toutefois être inscrits dans les textes budgétaires, puis votés par le Parlement. 

Un engagement sur cinq ans. Le futur contrat devra préciser les engagements de chacun. L’État promet d’accompagner le redressement du territoire, de contribuer à la maîtrise de sa dette et de lui redonner des marges de manœuvre.

Le désendettement devrait occuper une place centrale dans les discussions. La dette calédonienne atteint aujourd’hui environ 188 milliards de francs, dont plus de 9 milliards devront être remboursés dès 2027. 

Un soutien sous conditions. En contrepartie, la Nouvelle-Calédonie devra poursuivre les réformes nécessaires au retour à l’équilibre de ses finances publiques et sociales. La santé, les retraites et la gouvernance des comptes figurent parmi les principaux dossiers attendus.

Côté État, les négociations seront conduites par le haut-commissaire de la République et le directeur de la Mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie. Le gouvernement calédonien représentera le territoire. Paris promet donc de s’engager dans la durée, à condition que les réformes suivent.