Les habitants des îles paient aujourd’hui le prix d’un conflit qui n’a que trop duré. À Maré, la médecine générale est à l’arrêt depuis plusieurs semaines. Les deux seuls médecins encore en poste, ne peuvent plus assurer que les urgences et les hospitalisations. Le 1er août, la kinésithérapie disparaîtra à son tour.
Plus largement, les dispensaires des Îles Loyauté ne comptent plus que neuf médecins pour dix-sept postes, tandis que certains malades doivent attendre un avion affrété pour être soignés à Nouméa.
Cette crise ne résulte pas seulement du manque de médecins. Selon la province, une dizaine de praticiens ont refusé une affectation aux Loyauté en raison des difficultés de transport. Le maintien des blocages des aérodromes de Maré et d’Ouvéa complique les relèves des équipes médicales, les déplacements des patients et l’acheminement d’examens indispensables aux diagnostics.
Les autorités coutumières, à l’origine de ces blocages, doivent désormais en assumer les conséquences. À force de prolonger ce bras de fer, ce ne sont plus les compagnies aériennes ou les institutions qui sont les premières pénalisées, mais les habitants des Îles, dont l’accès aux soins se dégrade un peu plus chaque semaine.
Aucune revendication ne devrait conduire une population à renoncer progressivement à des soins essentiels. Peut-on encore parler d’une revendication lorsqu’il faut affréter des avions à plusieurs centaines de milliers de francs pour permettre à des malades de se faire soigner ?
Au fond, une seule question demeure : le transfert des vols d’Air Calédonie de Magenta vers La Tontouta valait-il vraiment tous ces sacrifices ?

