La base militaire de Nandaï, à Bourail, est désormais au cœur d’une revendication de l’organisation non gouvernementale ENIANA. Habituée à diffuser des communiqués aux argumentaires souvent singuliers, l’organisation demande cette fois la révision de la mise à disposition des terrains coutumiers occupés par l’armée.
Revêtu de nombreuses empreintes digitales, de signatures et de cachets attestant de sa réception par le Haut-commissariat, le gouvernement, le Congrès, le Tribunal de première instance de Nouméa et le Sénat coutumier, le document est signé par plusieurs personnes se présentant comme les représentants de clans du royaume d’Ajië-Arô.
Les auteurs demandent le réexamen de la mise à disposition des 1 700 hectares occupés par la base de Nandaï, ainsi que de 300 hectares à Néméara. Ils estiment que ces terres auraient été mises à disposition sans compensation financière et sans consultation suffisante des « clans authentiques propriétaires ».
Pour étayer leur demande, ENIANA s’appuie sur une comparaison avec la base militaire française de Djibouti. Selon le document, celle-ci représenterait un coût d’environ 10 milliards de francs CFP par an pour une superficie de trois hectares.
En appliquant ce raisonnement à Nandaï, une base « 51 fois plus grande » les auteurs avancent une valeur théorique de « plus de 666 milliards de francs CFP », avant d’évoquer également le camp de Plum.
Si le document a bien été enregistré par plusieurs administrations, comme en témoignent les tampons de réception, cette formalité ne préjuge en rien de la recevabilité de la demande ni des suites qui pourraient lui être données.
Le texte se conclut enfin par une formule résumant la position de l’organisation : « L’Indo-Pacifique oui, mais pas à n’importe quel prix ! »

