Le Vanuatu tourne la page des négociations avec la France sur les îles Matthew et Hunter. Après deux cycles de discussions restés sans résultat, Port-Vila estime avoir épuisé toutes les voies diplomatiques et annonce qu’il privilégiera désormais les recours juridiques et les instances internationales pour défendre sa revendication.
Le vice-Premier ministre vanuatais, Johnny Koanapo, a confirmé qu’il n’y aurait plus de nouvelles discussions bilatérales avec Paris sur ce dossier. « Nous ne sommes pas parvenus à un consensus », a-t-il déclaré, réaffirmant que, selon son gouvernement, les deux îles « appartenaient au Vanuatu avant l’arrivée des Européens ».
Pourquoi Matthew et Hunter sont-elles stratégiques ?
Si Matthew et Hunter sont de petits îlots volcaniques inhabités, l’enjeu est loin d’être anecdotique. Leur souveraineté détermine le contrôle d’une vaste zone économique exclusive (ZEE) dans le Pacifique Sud, avec les droits qui y sont associés en matière de pêche, de ressources marines et, potentiellement, d’exploitation du sous-sol.
La France considère les deux îles comme faisant partie intégrante de la Nouvelle-Calédonie, à laquelle elles sont administrativement rattachées. Des missions de souveraineté y sont régulièrement menées afin d’affirmer la présence française, et Paris considère qu’il n’existe aucun différend sur leur appartenance.
Le Vanuatu défend une lecture radicalement différente. Depuis son indépendance en 1980, Port-Vila revendique la souveraineté sur Matthew et Hunter, estimant que ces îles faisaient historiquement partie de son territoire avant la colonisation. Cette revendication est régulièrement portée devant les Nations unies.
Estimant les discussions avec la France désormais dans l’impasse, le gouvernement vanuatais entend explorer les voies offertes par le droit international. « Nous poursuivons les options juridiques qui sont à notre disposition », a indiqué Johnny Koanapo.
Cette annonce marque un changement de stratégie de Port-Vila. Faute d’accord avec la France, le Vanuatu entend désormais porter le différend sur le terrain juridique, ouvrant une nouvelle séquence dans un dossier sensible pour la Nouvelle-Calédonie.
Source : ABC News Australia.

