Dans un communiqué diffusé le 18 juin, La Tresse NC, organisation féministe œuvrant pour l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, réagit à l’affaire Lyhanna et appelle à ne pas considérer ce drame comme un cas exceptionnel.

Si l’émotion suscitée par cette affaire est « immense et légitime », le collectif estime qu’elle met surtout en lumière des difficultés dénoncées depuis plusieurs années par les victimes, les familles et les professionnels confrontés aux violences sexuelles.

La Tresse évoque notamment la longueur des procédures, la complexité des enquêtes, les classements sans suite, les non-lieux ou encore le manque de moyens alloués aux institutions chargées de traiter ces dossiers. Des critiques qui, selon elle, ne sont pas apparues avec l’affaire Lyhanna mais reflètent une réalité déjà connue de nombreuses victimes.

Le collectif s’appuie également sur les chiffres récemment rendus publics, faisant état de près de 400 procédures pour viols, agressions ou atteintes sexuelles sur mineurs actuellement en cours de traitement en Nouvelle-Calédonie. Certaines affaires seraient en attente depuis plusieurs années.

Face à cette situation, La Tresse demande davantage de moyens pour accélérer le traitement des signalements et des procédures visant des mineurs, tout en soulignant l’importance de la prévention et de l’éducation au respect et au consentement. Elle rappelle également la nécessité de promouvoir l’égalité entre les filles et les garçons dès le plus jeune âge afin de prévenir les violences sexistes et sexuelles.

Le collectif apporte également son soutien à Truly et à ses bénévoles, saluant leur travail de détection et de signalement. Il estime que les alertes crédibles adressées aux autorités doivent être examinées avec « sérieux et diligence ».

Plus largement, La Tresse rappelle que la protection de l’enfance repose sur une mobilisation collective associant familles, associations, professionnels et pouvoirs publics.