Le controversé programme de citoyenneté par investissement du Vanuatu revient une nouvelle fois sous le feu des critiques. Selon le média local YTS News, la Cour d’appel du pays aurait confirmé les condamnations de l’ancien député Lulu Sakias et de l’homme d’affaires Amos Warsal, reconnus coupables de détournement de fonds liés au programme de passeports vanuatais.
Les deux hommes devront purger une peine de 12 mois de prison après le rejet de leurs recours. L’affaire concerne des fonds versés dans le cadre du « Development Support Program » (DSP), le dispositif permettant à des ressortissants étrangers d’obtenir la nationalité vanuataise contre investissement financier.
Au cœur du dossier : près de 115 000 dollars versés par un ressortissant chinois pour l’obtention d’un passeport qui ne lui aurait jamais été délivré. Selon la justice, une partie des sommes aurait été détournée entre 2020 et 2021 par les responsables de la société Vanuatu Immigration Solution (VIS), agent agréé du programme.
Cette nouvelle condamnation relance les interrogations autour du système de « passeports dorés », régulièrement accusé de manquer de transparence et de contrôles suffisants. Depuis plusieurs années, le pays fait l’objet de critiques internationales concernant la rapidité des procédures, l’absence d’obligation de résidence et la faiblesse des vérifications de sécurité.
L’Union européenne avait déjà suspendu puis supprimé l’accès sans visa des citoyens vanuatais à l’espace Schengen, estimant que le programme présentait des risques en matière de sécurité et de blanchiment.
Pour le Vanuatu, l’enjeu reste majeur. Le programme de citoyenneté représente depuis des années une source essentielle de revenus pour l’État, particulièrement dans un pays fortement dépendant du tourisme et vulnérable aux catastrophes naturelles.
Entre scandales judiciaires, pressions diplomatiques et inquiétudes sur les dérives possibles du système, le gouvernement vanuatais se retrouve désormais poussé à renforcer ses contrôles et à revoir en profondeur le fonctionnement du programme.
Et pendant ce temps-là, en Nouvelle-Calédonie, près de 42 600 résidents inscrits sur les listes électorales générales restent exclus du vote aux élections provinciales, soit environ un électeur sur cinq, selon les chiffres cités dans les travaux parlementaires et études officielles de 2024.
